« Timitar », clôture en apothéose

« Timitar », clôture en apothéose

Ce samedi 8 juillet restera, peut-être, inoubliable. L’émotion, sur la Place Al Amal qui a abrité ce soir la clôture du 2ème "Timitar", a atteint son point culminant. Le groupe du Germano-marocain, El Housseine Kili, a surexcité les foules, dont le nombre a prodigieusement augmenté ce soir. Le jump’ était au rendez-vous, à l’invite d’un mélange amazigho-gnaoui qui a tenu en haleine, et au-delà de minuit, un public resté fidèle jusqu’au bout. A 1 heure du matin, après la baisse de rideau, les chants se poursuivaient encore sur la corniche "Jour et Nuit", et dans différents endroits dispersés d’Agadir. Une ruée qui rappelle étrangement le célèbre "woodstock", qui vient nous édifier sur la soif inétanchable de musique et de spectacle d’une population qui, en l’espace d’une semaine, a fait la fête dans un esprit exceptionnel de partage. Si deux soirées d’ouverture et de clôture du 2ème "Timitar" ont enregistré les pics les plus élevés en termes d’affluence, les autres soirées n’ont pas manqué de drainé les grandes foules. On pense, plus particulièrement, à la soirée d’Alpha Blondy qui a eu lieu jeudi sur la Place Al Amal. L’enfant d’Abidjan, qui passe pour un maître incontesté de la musique reggae, a enflammé, et comblé les attentes des marées humaines qui avaient déferlé ce soir sur la grand place pour chanter et danser sur les rythmes enfiévrés de la musique "rasta". Tous les best-off d’Alpha Blondy, ceux de son père spirituel, Bob Marley, également. A-delà de cette musique, toujours en vogue, Blondy, qui alternait les jump’, ponctuait ses chants de quelques discours enflammés. "Il y a des détails qu’il faut vous expliquer", dit-il à la cantonnade. "Tout change, sauf les imbéciles qui ne changent pas", a-t-il martelé en faisant allusion à ces régimes africains incorrigibles. "Les Algériens tuent les Algériens, les Somalis massacrent les Somalis, les Burundais génocident les Burundais", s’est-il indigné, avant de conclure sur cette note d’espoir: "Le soleil de l’Afrique se lèvera". A la veille du concert d’Alpha Blondy, sur la même Place Al Amal, Faudel, qui a fait salle comble en plein air !, a fait tanguer les vagues humaines par un florilège de best-off dans le pur style raï. Simplement, le déferlement, qui allait crescendo, a suscité quelques inquiétudes d’ordre sécuritaire. On comprend, évidemment, pourquoi le concert de Faudel ne s’est pas poursuivi au-delà de minuit, la ruée était telle que la circulation était devenue impratiquable dans les voies longeant ou contournant la légendaire Place Al Amal.
Pour le reste, on retient le numéro impressionnant de Mohamed Rouicha qui, vu le feed-back que son concert a enregistré, a prouvé qu’il continue de faire autorité dans les chants et musique amazighs. Ce prodige de "Zayane" est talonné de près par Outalleb Lemzoudi, un raïss originaire de Souss qui a, lors de la soirée du 3 juillet (dimanche), donné la mesure de sa popularité et de son talent. Mouha o Hammou Zayani Achibane, une vedette très populaire, était égal à lui-même, c’est-à-dire irremplaçable dans le registre des danses du Moyen-Atlas. En plus, il faut retenir la soirée du 6 juillet (mercredi) où, avec les Ahwachs d’Imintanout, d’Ouarzazate, sans évidemment oublier les "tambours de Brazza", le rythme a culminé au point d’avoir fait chavirer la Place Al Amal. Bien sûr, la Place Al Amal a enregistré les taux d’affluence les plus élevés, sachant que cet espace offre une grande capacité d’accueil. N’empêche, les autres espaces, sur lesquels le festival a été éclaté, ont eu leur "part" d’encombrement. On pense au Théâtre de Verdure qui, lors du concert maroco-espagnol, An’Yalkam/ Connexio Argan-Jazz, organisé le 3 juillet, a attiré un grand public constitué, principalement, de connaisseurs de la musique jazz. Somme toute, la 2ème édition de "Timitar" a tenu ses promesses. A la prochaine…

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