Un archéologue en quête du 3ème Bouddha de Bamiyan

« Depuis 1967, je pense qu’il y a un troisième Bouddha couché », après un séjour à Bamiyan dans le cadre d’une thèse sur les deux Bouddhas géants, détruits en 2001 par les talibans, explique l’archéologue, ancien haut fonctionnaire afghan qu’un parcours atypique a conduit à un poste de professeur à l’université Marc-Bloch de Strasbourg. Né en 1939 dans une famille descendant des rois de Kandahar, il quitte une première fois son pays en 1960 avec un baccalauréat du lycée français Istiqlal de Kaboul en poche, pour suivre des études d’archéologie à Strasbourg. Pendant ses recherches, il s’intéresse à un récit de voyage du pèlerin chinois Hiuan Tsang (Xuanzang) qui évoque ce mystérieux troisième Bouddha qui deviendra sa passion. « Le texte chinois dit qu’à deux ou trois li (mesure chinoise, environ 550 mètres, ndlr) à l’est de la ville royale il y a un monastère à l’intérieur duquel se trouve un bouddha couché de 1.000 pieds de longueur, 300 mètres environ », raconte-t-il, précisant qu’il a réussi à « fixer » le site probable du monastère après une vingtaine de voyages pour « parcourir Bamiyan de fond en comble ». Après l’échec d’une première campagne de fouille en 2002 en raison de l’opposition des militaires locaux, son hypothèse a été confirmée « à 100% » l’été dernier. Une mission financée par le ministère français des Affaires étrangères lui a permis de mettre à jour des vestiges bouddhiques « de grande qualité », notamment des têtes de bouddha. « Je savais de longue date que c’était à cet endroit. J’avais même déjà un budget pour des fouilles en 1977 », continue fièrement l’ancien directeur général de l’archéologie et de la conservation des monuments historiques de l’Afghanistan de 1972 à 1978. Après plus de 20 ans d’attente, une naturalisation française et l’intervention américaine en Afghanistan, l’archéologue a repris sa quête, avec le soutien du président afghan Hamid Karzaï.

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