Un concours vise un autre

On reprochait au concours international de musique du Maroc d’exclure les candidats marocains. Les organisateurs de cet événement ont souvent été confrontés au pourquoi de l’absence de musiciens nationaux. «Il fallait à chaque fois expliquer qu’ils n’ont pas encore atteint le niveau des candidats internationaux», nous précise Farid Bensaïd, président de l’Orchestre philharmonique du Maroc qui organise le concours international de musique. Au lieu d’opter pour une représentativité mièvre ou symbolique, du moment que le Maroc ne possède pas encore des musiciens capables de rivaliser avec les candidats internationaux, il a été décidé de créer un «concours intermédiaire», selon les termes de Farid Bensaïd. Le concours national de musique du Maroc ne peut donc être appréhendé indépendamment de l’événement prestigieux qui est à l’origine de sa création.
C’est la passerelle qui devrait mener à l’internationalisation des meilleurs musiciens marocains. Organisé par l’Ecole internationale de musique et de danse de Casablanca, également présidé par Farid Bensaïd, cet événement est dédié cette année au piano. Il s’adresse à de jeunes pianistes marocains de différents niveaux. «Cela va des débutants jusqu’aux virtuoses», nous précise Adiba Lahbabi, directrice de la communication à la BMCI, une banque qui parraine l’événement et qui est très impliquée dans la promotion de la musique classique et la formation d’instrumentistes de haut niveau. À cet égard, deux petits points seulement manquent à certains pianistes marocains pour pouvoir rivaliser avec les grands.
«Les pianistes les plus doués au Maroc ne dépassent pas le niveau 10, il leur faut atteindre le niveau 12 pour se porter candidat au concours international», explique Farid Bensaïd. Trois ou quatre ans de travail soutenu et ardu peuvent leur faire gagner les deux petits points. Et justement le concours, comme toute compétition, peut créer un climat d’émulation de nature à faire progresser les jeunes musiciens. Plus de 220 candidats se sont déjà inscrits dans cette manifestation qui sera présidée par un très grand pianiste.
Il suffit de dire que le Franco-libanais Abdel Rahman El Bacha est l’un des rares pianistes à avoir enregistré l’intégrale des œuvres pour piano de Chopin pour se rendre de sa qualité. Le public pourra d’ailleurs le voir et l’écouter à l’œuvre le lundi 30 juin à Rabat et le mardi 1er juillet à Casablanca. Il interprétera deux grands concerti pour piano : le n°21 de Mozart et le n°5 de Beethoven. Quant aux épreuves éliminatoires, 250 candidats, aussi bien dans la catégorie des débutants que celle des “virtuoses”, vont s’y soumettre.
Elles se déroulent du 1er au 4 juillet au complexe Sidi Belyout à Casablanca. Les candidats, sélectionnés par le jury, auront l’honneur de jouer au théâtre Mohammed V à Rabat et au cinéma Rialto à Casablanca, lors des deux concerts de clôture. «Et là, on pourra voir où en est notre jeunesse du point de vue musical», précise Farid Bensaïd. Il ne pense pas si bien le dire.

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