Un film marocain bénéficie du prix Médéa

Abdelhaï Laraki est un réalisateur heureux. Il répète à qui veut l’entendre que le Prix Médéa lui dope le moral. Il lui a remis le pied à l’étrier, en confirmant la valeur de ses choix cinématographiques. La valeur financière du Prix Médéa pour l’aide au développement et à la pré-production est limitée : 20 000 euros. Cette aide ouvre toutefois la porte à plusieurs subventions européennes, dont le Fonds Sud Cinéma, accordé par le gouvernement français, et dont l’aide en moyenne est de 110 000 euros par film. Abdelhaï Laraki est d’autant heureux que le Prix Médéa a été octroyé à 6 scénarios seulement sur 196 dossiers déposés. Le prix Médéa est un nouveau mécanisme de l’Union Européenne (UE) de soutien aux pré-productions. Il s’adresse aux cinéastes du bassin méditerranéen et récompense les meilleurs scénarios. C’est une aide certes limitée, mais très importante pour préparer les dialogues, les repérages. En somme: tout ce qui précède la production à proprement parler, et qui revêt généralement l’allure d’un casse-tête chinois pour les réalisateurs et producteurs, est en partie résolue grâce à cette aide. “Comme je travaille beaucoup avant la production, cette aide m’est salutaire. Elle me permettra de travailler en amont avec les acteurs les scènes du film. Ce travail de préparation s’effectuera sur les lieux du tournage à Assilah, trois semaines avant la production à proprement parler“, explique Abdelhaï Laraki. Le scénario qui a été récompensé par le Prix Médéa est coécrit par Abdelhaï Laraki et Abdeslam Klai. Intitulé “Les vagues de la colère“, le film, qui repose sur le scénario primé, est ce qu’on appelle dans le jargon cinématographique un polar noir. Ses événements se déroulent dans un petit village de pêcheurs où le meurtre d’une fillette va déchaîner les passions. Le coscénariste et réalisateur du film insiste sur le fait que les personnages n’obéissent pas à la dichotomie du bien et du mal. Des interfaces sombres compliquent leurs rapports. Abdelhaï Laraki est né en 1955 à Fès. Il a suivi un troisième cycle de cinéma à la Sorbonne, auprès de Jean Rouch. Son court-métrage “Les quatre cent et un coups“ l’a sorti de l’anonymat en 1998. Abdelhaï Laraki a réalisé en 2001 son premier long-métrage, “Mona Saber“, qui a dépassé les 100 000 spectateurs au Maroc. “Les vagues de la colère“est son deuxième long-métrage.

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