Un grand bazar d’art à Casablanca

Un grand bazar d’art à Casablanca

Et de neuf pour la Compagnie marocaine des oeuvres et objets d’art. Passés maintenant deux ans, jour pour jour, après la création de cette compagnie, spécialisée dans la vente aux enchères d’objets d’art, le temps est la célébration. Ce sera à travers une vente qui aura lieu le 18 décembre à Casablanca et qui porte comme principaux objets la peinture orientaliste, la peinture contemporaine marocaine et art islamique. Qualifiée par les initiateurs du projet de «l’une des plus belles ventes d’orientalisme au Maroc», cette opération porte en grande partie sur la mise en vente d’objets qui, jusque-là, circulaient de façon confidentielle.
Parmi elles, un nu (une femme noire peinte de dos) de Jacques Majorelle. Un tableau qui s’inscrit dans la continuité de la série «les femmes noires du pays des Glaouas» peinte pendant les années 50 et qui témoigne de la fascination éprouvée par le peintre vis-à-vis de la beauté et la sensualité des femmes noires qu’il faisait poser dans la végétation luxuriante de son jardin à Marrakech. Une sensualité doublée de la grande culture plastique de Majorelle. Majorelle n’est pas le seul peintre important de la vente. Lucien Lévy-Dhurmer, peintre né à Alger en 1865, est représenté par trois pièces. Connu comme artiste symboliste, il n’en a pas moins peint des tableaux orientalistes. Ses oeuvres présentées à la vente se caractérisent par un effet de flou. Lévy-Dhurmer s’y révèle comme l’un des prédécesseurs de la peinture abstraite. Et ce n’est pas tout. Trois tableaux, dont l’un de belle dimension, d’Edouard Edy Legrand ne laissent pas indifférent. Rarement les qualités de coloriste de ce peintre se sont exprimées avec autant d’éclat. L’un des tableaux est une huile sur toile alors Edy Legrand peignait surtout sur carton. Plutôt rare.
Jean-Gaston Mantel, dont la cote ne cesse d’augmenter avec chaque nouvelle vente, est également représenté. L’une de ses pièces est originale. L’oeuvre, d’une grande taille, représente une carte du Maroc et des habitants des tribus de l’Atlas, vêtus en costume traditionnel.
La peinture marocaine n’est pas négligée dans cette vente, avec comme vedette, un Ben Ali Rbati. Dans ce tableau, le père de la peinture marocaine a peint une procession lors du moussem de Sidi Mohamed El Haj Bou Arrakia à Tanger. On voit des étendards, des musiciens, des femmes assemblées sur les terrasses des maisons. La scène a été peinte avec cette touche fine et pénétrante qui rend incomparable les oeuvres de Ben Ali Rbati. L’art islamique n’est pas en reste. Avec une série d’aspersoirs en verre, des théières en porcelaine et de carafes polychromes. Les aspersoirs et carafes sont si finement ornés qu’on les croirait ciselés avec des fils dorés.
Le thème majeur de cette vente n’en reste pas moins l’orientalisme, un art qui commence à faire la réputation du Maroc en tant que plate-forme de vente incontournable dans le monde. Le célèbre site des ventes d’oeuvres d’art, www.artprice.com, répertorie désormais le Maroc parmi les plates-formes de vente de peinture orientaliste. A preuve, pendant les cinq dernières années, le Maroc s’accapare 15% du marché mondial pour les ventes de Pontoy. 13% de toutes les ventes de José Cruz-Herrera s’effectuent au Royaume. A titre de comparaison, l’Espagne ne détient que 9% du marché mondial de ce grand peintre espagnol. Edifiant.

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