Un grand Jury pour un grand festival

Un grand président de jury pour la troisième édition du FIFM. Volker Schlöndorff est le très célèbre réalisateur du film « Le Tambour », adapté du roman du prix Nobel de littérature, l’Allemand Günter Grass. Ce film a valu à son réalisateur la Palme d’Or à Cannes, ex-aequo avec « Apocalypse Now » de Francis Ford Coppola. Grand amoureux de littérature, Volker Schlöndorff a porté au cinéma plusieurs romans. Son premier long-métrage « Les désarrois de l’élève Toerless » (1966), une adaptation du roman de Müsil, est un coup de maître. Il a été récompensé par le prix de la critique à Cannes. Volker Schlöndorff a commis quelques infidélités à la littérature, avec des films comme « L’honneur perdu de Katharina Blum » (1975) et « Le Coup de grâce » (1976), mais il est vite revenu à ses amours littéraires. « Un amour de Swann » (1984), c’est lui. Les personnes qui ont vu ce film, adapté de « La Recherche » de Marcel Proust, ne peuvent pas oublier l’exploitation faite par Schlöndorff de la sonate de Vinteuil. L’unique morceau silencieux dans l’oeuvre écrite a été haussé au rang du personnage le plus expressif dans le film. Schlöndorff s’est également attaqué à un roman très difficile, « Le Roi des aulnes » (1996) de Michel Tournier. Ce dernier écrivain, pourtant rétif à l’adaptation cinématographique de ses romans, a immédiatement fait confiance au réalisateur du « Tambour ». Les deux hommes ont au demeurant la passion pour les vastes forêts de la Prusse. La forêt, sans doute est la séquence la mieux traitée dans le film. A l’exception du « Tambour », les romans adaptés par Volker Schlöndorff sont écrits par des auteurs français. Ce réalisateur a beau être né en 1939 à Wiesbaden en Allemagne, il a de solides attaches avec la France. Élève au lycée Henri IV à Paris, il a eu comme camarade Bertrand Tavernier, avec lequel il fréquentait assidûment les salles de cinéma du quartier latin. C’est d’ailleurs en France qu’il a appris le métier de réalisateur, en suivant des cours à la prestigieuse école de cinéma, l’IDHEC. Ceci pour dire que Volker Schlöndorff, premier président du jury non Français depuis la création de la manifestation, est également le plus “frenchie” des réalisateurs allemands. Aux côtés de Volker Schlöndorff, le jury de la compétition officielle des longs-métrages se compose de Miguel Bosé (acteur, Espagne), Pascale Bussières (actrice, Canada), Kerry Fox (actrice, Nouvelle-Zélande), Shashi Kapoor (acteur, Inde), Virginie Ledoyen (actrice, France), Hinde Taârji (journaliste, Maroc), Mohamed Abderrahman Tazi (réalisateur, Maroc) et André Téchiné (réalisateur, France). L’acteur indien Shashi Kapoor aura du mal à se dévouer à son travail. Sa popularité risque d’attirer des foules, à l’entrée de la salle des projections. Quant au jury pour les courts-métrages, il est présidé par l’acteur britannique Jeremy Irons et composé de Raja Amari (réalisatrice, Tunisie), Hakim Belabbes (réalisateur, Maroc), Rajae Benchemsi (écrivain, Maroc), Cécilia Roth (actrice, Argentine), Maria Schneider (actrice, France) et Roschdy Zem (acteur, France/Maroc). Après Nathalie Baye, la présidente du festival, le nom du président du jury est également connu. Volker Schlöndorff est un grand réalisateur et un homme doté d’une grande sensibilité. Il est capable de faire entendre les sons de son tambour, loin de nos frontières.

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