Un outil pour la formation médicale continue

Un outil pour la formation médicale continue

ALM : Mohamed Kohen, vous êtes le président en exercice de l’Association marocaine de chirurgie viscérale (AMCV), quel regard portez-vous sur la discipline chirurgicale au Maroc ?
Mohamed Kohen : La création de l’Association marocaine de chirurgie viscérale émane du désir de se regrouper en instance scientifique assurant une partie de la formation post-universitaire. Le succès que connaît notre association témoigne de l’avidité de ses membres à améliorer continuellement leur savoir et de suivre l’essor considérable qu’a connu notre spécialité ces dernières années.
Ces chirurgiens, considérés comme des artistes prodigieux, sont aujourd’hui des techniciens de haut rang. Le perfectionnement dans l’art est un souci permanent et n’en déplaise à Dali : «N’ayez pas peur de la perfection, vous ne l’atteindrez jamais »
La formation continue est le témoin réel de l’envie de maintenir les acquis scientifiques à un niveau honorable, ce qui rend le chirurgien parfaitement apte à faire face aux situations les plus délicates dans les mêmes conditions de compétence et de sécurité de celles des pays développés. Rien ne justifie presque plus le transfert à l’étranger des patients marocains pour une hypothétique meilleure prise en charge. C‘est en cela que je la vois progressiste.

L’AMCV en principe regroupe les chirurgiens de tout le Maroc, mais on ne voit souvent que les chirurgiens de Casablanca, où sont les autres ?
Cette association occupe actuellement une place prépondérante dans le paysage des sociétés savantes marocaines grâce au dévouement et à l’activisme d’une équipe dirigeante dynamique et le soutien inconditionnel des membres. Elle s’est fixé comme objectif premier d’asseoir sa notoriété au niveau de Casablanca avant d’inviter les confrères des autres régions de la rejoindre. La manifestation de demain sera le socle de ce regroupement. J’informe, par ailleurs, que nous avons désormais notre site Web qui est : amcv-ma.com

Nous sommes en pleine manifestation importante dans la prise en charge des cancers, à savoir la réunion nationale de concertation multidisciplinaire. Pourquoi cette concertation multidisciplinaire ?
Nous sommes effectivement à la veille d’une réunion nationale sur le cancer colo-rectal et le cancer du sein. Cette réunion de concertation multidisciplinaire est le couronnement d’un travail intellectuel de longue haleine et d’efforts soutenus pour faire prendre conscience que la conjugaison des compétences est le gage d’une prise en charge sérieuse et responsable.  Aujourd’hui, nul n’a le droit de prendre individuellement une décision thérapeutique pour son patient sans consentement et sans concertation réelle et effective avec les autres spécialistes.
Et bien que la chirurgie demeure désormais l’élément le plus déterminant dans le processus de guérison, elle ne peut se concevoir sans le rôle primordial du gastro-entérologue, la contribution efficace de l’anatomopathologiste, du radiologue, du radiothérapeute et de l’oncologue.
Nous avons la volonté, la maturité pour le faire sans compromission ni réticence. Le malade marocain peut s’en féliciter. Il est incontestablement le centre de notre préoccupation.

Le chirurgien du secteur libéral participe souvent à des soins à titre bénévole, invité par des associations caritatives ou des ONGs, dans l’anonymat et sans tapage. L’AMCV a-t-elle un programme de circoncision en faveur des enfants démunis ?
Le chirurgien du secteur libéral est disposé à offrir son temps et son savoir-faire à ceux qui en ont besoin de façon bénévole et volontaire. Voyez-vous, nous sommes loin des clichés véhiculés à tort contre les médecins. L’idée de Chirurgie-Action, association caritative récemment créée,  a été de suite fédératrice, et la majorité des chirurgiens de ce secteur y ont adhéré sans réserve.
En fait, cette association se propose de prendre en charge chirurgicalement et gracieusement, les personnes démunies économiquement. Les interventions chirurgicales se dérouleront dans les conditions optimales qu’offrent les cliniques privées de Casablanca.
Par ailleurs, nous organisons, au courant de ce mois de mai 2006, une campagne de circoncision en faveur de 250 enfants. Les autorités locales de la préfecture Ben M’Sick que je remercie, y ont joué un grand rôle de facilitation.

Récemment, nous avons eu dans le cadre de l’enseignement post-universitaire une conférence sur les rapports entre la presse et le corps médical, quelle approche faites-vous de cette relation incontournable ?
Effectivement dans le cadre des conférences scientifiques mensuelles de la clinique Badr , nous avons eu le plaisir de rencontrer un professionnel de renom pour évoquer la relation entre les médecins et les médias. Nous avons donné notre vision sur la façon dont la presse gère l’information sur les affaires médicales, parfois pour certains sans investigations véritables ni recoupements d’informations. Il nous est apparu clairement que nous avons un manque considérable à combler en matière de communication. Il est temps, je crois, de quitter de temps à autre nos blocs opératoires pour mieux faire valoir notre profession. Il n’est nullement question de publicité ni de propagande, mais plutôt une approche judicieuse pour tisser des liens sans doute fructueux entre la presse, les citoyens et les médecins qui n’ont d’ailleurs rien à cacher mais plutôt tout à montrer.

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