Un scénariste en herbe ou presque

Etre scénariste n’est pas toujours facile. Cela nécessite du talent, de l’imagination mais surtout du souffle. Pour les jeunes scénaristes, les choses sont plus complexes dans la mesure où ils trouvent du mal à se frayer leur chemin à la télévision. Encore moins au cinéma. Heureusement que du côté des deux chaînes nationales, les choses commencent à bouger. Elles affichent de grandes ambitions pour développer une production de proximité. Une aubaine pour cette génération qui déborde d’idées. Rachid Larossi en fait partie. Ce lauréat de l’Isadac (Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle) a toujours voulu faire de l’écriture audiovisuelle son métier. Cela n’a pas été facile au début. «Au Maroc, il n’existe pas de formation spécialisée dans ce domaine», déplore-t-il.
Ce n’était pas une raison pour que Rachid Larossi baisse la garde. Il se débrouille avec les moyens du bord pour se tailler une place dans la télévision en participant à la préparation et à l’animation de plusieurs émissions. Pendant trois ans, il a travaillé en partenariat avec la première chaîne nationale. Une expérience dont notre scénariste aurait pu se contenter sauf qu’il était trop ambitieux pour s’y limiter. Rachid Larossi décide alors de suivre des stages professionnels en France et aux Etats-Unis. «Ces stages ont été d’une importance vitale pour ma carrière. J’avais la chance de côtoyer de très près des professionnels de la production audiovisuelle», lance-t-il.
Retour au Maroc en 1999. Le jeune scénariste se concentre sur un projet de sitcom à la marocaine. Cela donne «La famille Si Marbouh» dont la deuxième série est diffusée pendant ce mois sur la TVM. Cette production n’a pas échappé à des critiques virulentes de la part des professionnels notamment au niveau du concept, de l’écriture et des dialogues. Rachid Larossi sait très bien que cette série n’atteint pas la perfection, mais il se défend en mettant en avant les échos favorables qu’a recueillis cette sitcom auprès du grand public.
Celui qui a participé à la confection des scénarii de la première série de Lalla Fatéma (2M) et écrit les sketchs de la série animée par Hanane Fadili (Fach Khadam), estime que la réalisation d’une sitcom est une sorte d’entreprise qui implique plusieurs compétences aussi bien en termes d’écriture, de réalisation, de production, de décor que de prestation des acteurs. Si un maillon manque à cette chaîne, le résultat final ne peut être que décevant, avoue-t-il. On se demande alors si ses ingrédients sont réunis dans la réalisation des sitcoms made in Morocco ? Les avis sont partagés. Du côté des professionnels, on souligne le manque d’imagination et l’omniprésence de l’humour creux.
Quant aux téléspectateurs, seul le niveau d’audience nous donnera une idée sur le degré de sa satisfaction. A ce sujet, Rachid Larossi ne veut pas trop polémiquer. Il indique toutefois que l’écriture d’une sitcom fait appel à des techniques particulières à la différence du téléfilm, du feuilleton.
Satisfait jusque-là de sa production, le jeune négocie avec une maison syrienne la réalisation d’un nouveau scénario qui retrace l’histoire d’un journaliste. Il compte également se consacrer à d’autres genres télévisuels. Selon lui, l’absence des moyens, n’est qu’un faux prétexte. Les chaînes nationales sont prêtes à investir dans des productions à condition qu’elles soient de qualité. Tout dépend de l’originalité et de l’effort consacré à la confection du scénario.

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