Un tableau de Toulouse-Lautrec rattrapé in extremis

Juste avant l’ouverture de la séance à l’hôtel des ventes de Montauban, le Conseil des ventes, l’organisme public chargé de surveiller ce type de transactions, a purement et simplement interdit la vente de la toile intitulée « Toulouse-Lautrec au bal du Moulin-Rouge”, officiellement à cause de l’absence d’assurance des organisateurs. Le président du Conseil des ventes, Gérard Champin, a expliqué qu’il avait demandé à la société de ventes de présenter une garantie adaptée à la valeur présumée de l’oeuvre et au risque qu’elle représente. « Nous avons appris que l’assureur habituel de France Enchères Art, Generali France Assurances, avait refusé d’assurer cette opération et la société n’a pas été en mesure de présenter une autre garantie », a justifié M. Champin. Selon une source proche du Conseil des ventes, c’est la polémique récemment apparue sur l’authenticité de la toile qui aurait motivé le refus de la société Generali France Assurances. L’oeuvre, une huile sur toile de 2,71 m sur 1,94 m représentant un spectacle de french cancan donné par la danseuse La Goulue devant un parterre de spectateurs attentifs, parmi lesquels figure Toulouse-Lautrec, avait été formellement identifiée par l’expert Louis Barbier, directeur de l’Institut Toulouse-Lautrec de Courtenay (Loiret). Deux autres panneaux similaires, considérés comme des trésors nationaux, sont actuellement au Musée d’Orsay. M. Barbier avait même émis l’hypothèse que le tableau mis en vente à Montauban pourrait être le panneau central correspondant aux deux panneaux exposés à Paris. Dès la mi-novembre, la conservatrice du musée Toulouse-Lautrec d’Albi, Danièle Devynck, écrivait toutefois au commissaire-priseur chargé de la vente, Me Robert Féraud, pour lui faire remarquer que cette oeuvre avait été répertoriée en 1977 comme un faux par un autre expert, auteur du catalogue raisonné de l’oeuvre d’Henri de Toulouse-Lautrec. La polémique a donc rattrapé « Toulouse-Lautrec au bal du Moulin-Rouge » juste avant le coup d’envoi de la séance de vente, pour laquelle le ministère de la Culture avait donné, selon Me Féraud, son feu vert à une éventuelle sortie du territoire de la toile.

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