Une banque au service de l’art plastique

ALM : La collection de peintures d’Attijariwafa bank est exposée actuellement à la galerie Delacroix de Tanger et est accompagnée d’une série de conférences. Quel est l’objectif d’une telle manifestation ?
Ghita Triki : En organisant cette exposition intitulée «Imaginaires croisés. Collection de peintures d’Attijariwafa bank», nous avions comme principal objectif de dévoiler la collection de la banque dans toute sa diversité. Cette exposition regroupe un choix d’oeuvres essentielles des deux collections BCM et Wafabank, après leur récente fusion. Ces oeuvres ont été réunies pour la première fois depuis le processus de rapprochement entre les deux banques. Il s’agit en fait, d’une invitation au voyage dans l’histoire de la peinture contemporaine au Maroc à travers des oeuvres choisies dans une collection ayant pris forme dans les années 70.
Nous avons donc rassemblé les oeuvres des deux collections celle de la Wafabank et celle de la BCM, et nous avons atteint actuellement un total de 2000 oeuvres qui sont exposées entre l’espace d’art d’Attijariwafa bank, les agences du réseau et les bureaux du siège de l’agence.
En outre, en déplaçant l’exposition à la galerie Delacroix de Tanger, nous avions comme objectif de décentraliser l’action culturelle de la banque. Nous entendons par là, permettre au grand public de visiter l’exposition et de la découvrir. Nous souhaitons nous ouvrir vers un public plus large. Pour cela nous avons travaillé en concertation avec l’Institut français du Nord qui s’est avéré un partenaire ouvert.
Aussi, avec le cycle de conférences qui se déroule en parallèle avec l’exposition, nous espérons ouvrir un dialogue avec le public souvent peu informé. C’est un souci de faire comprendre l’évolution du monde de l’art contemporain au Maroc et sa place dans le champ de l’art dit international. Aussi et dans ce même objectif, l’Institut français du Nord prévoit également des visites guidées pour les étudiants et les scolaires, ainsi que des projections de films sur les artistes.
Ne prévoyez-vous pas de déplacer cette exposition dans d’autres régions du Maroc ?
Pour un début, nous avons opté pour l’Institut français du Nord car nous avions un antécédent de coopération à travers la tenue de l’exposition de Mehdi Qotbi.
Cependant, nous envisageons bientôt d’autres opérations d’exposition itinérante d’ici 2005. Une manière de régionaliser la collection d’Attijariwafa bank et la faire découvrir hors de ses murs. Une façon également de multiplier les synergies et échanger avec d’autres partenaires culturels. Nous souhaitons également dans ce contexte, véhiculer l’image d’une banque présente partout au Maroc.
Comment pouvez-vous définir l’action culturelle de l’espace d’Attijariwafa bank dont vous êtes la responsable ?
Le plan d’action culturel d’Attijariwafa bank se situe surtout au niveau de la promotion des arts plastiques au Maroc en organisant des expositions. Ainsi, nous allons multiplier ce genre de manifestations. Aussi, cette exposition de peintures se déclinera-t-elle en plusieurs autres expositions thématiques. Les 2000 oeuvres de la collection regroupent plusieurs tendances, de la peinture du chevalet jusqu’aux artistes contemporains. Ainsi, nous souhaitons dévoiler ces différentes tendances depuis le début du siècle jusqu’à nos jours. C’est une façon de montrer la variété de l’action culturelle.
Cette action se situe sur deux axes. Nous organiserons des expositions de peinture ainsi que des cycles de conférences qui seront animés par des acteurs culturels. Aussi, Attijariwafa bank possède également une collection de monnaies anciennes qui pourraient faire dans le futur l’objet d’une exposition itinérante. Pour l’organisation de ces manifestations, la banque alloue un budget chaque année pour les expositions, les conférences et les animations culturelles.
Dans cette optique de la promotion de l’art, qu’en est-il du mécénat au Maroc et à quel niveau se situe son importance ?
Le mécénat a beaucoup fait pour l’art plastique au Maroc. Pour l’instant, l’exemple des banques est le plus significatif dans ce domaine.
Le mécénat est une sorte d’encouragement de l’art. Cet encouragement ne doit pas se faire uniquement à travers les expositions qui est un volet visible de la promotion, mais aussi sous forme d’aide directe à la création. Ainsi, il s’agirait de soutenir des projets débouchant sur la création de métiers.
Celle-ci ne concerne pas seulement les arts plastiques mais aussi, des domaines comme l’art vidéo, le cinéma, le design graphique, pour ne citer que ceux là. Il existe actuellement de nouveaux secteurs qui se nourrissent de l’art et qui débouchent sur des métiers. En ce qui concerne Attijariwafa bank, nous sommes en train de nous projeter dans cette forme de mécénat direct. Ceci est nécessaire et complémentaire au développement stratégique de la banque.

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