Une beauté venue du Sud

Une beauté venue du Sud

ALM : Fraîche émoulue de l’ISADAC, nouvelle venue sur la scène artistique marocaine, vous avez décroché le Jamour de la meilleure actrice de l’année 2004, pour votre rôle dans « Aïcha Douiba». Comment peut-on obtenir une telle consécration alors que vous venez d’entamer votre carrière ?
Sanaâ Akroud : Grâce à Dieu ! Je suis très croyante et je crois surtout aux jeunes, à leurs forces, à leurs déterminations et à leurs potentiels créatifs. Je tiens à préciser que je ne suis pas la meilleure comédienne, mais une simple comédienne qui a été entourée par de grands professionnels. Il est temps de croire à notre jeune génération, que ce soit dans le domaine artistique ou ailleurs. Il faut, au moins, lui donner une occasion pour voir ce qu’elle sait faire. Une chance que notre génération, j’en suis sûre, saura saisir. Et je n’exagère pas là-dessus ! Je dois, d’abord, cette consécration à Dieu, mais également à la grande réalisatrice Fatema Boubekdi qui a donné un premier rôle à une débutante. Fatema Boubekdi a misé sur mes talents de comédienne et je n’ai ménagé aucun effort lors du tournage du téléfilm « Aïcha Douiba », rien que pour relever, avec elle, le défi et la soutenir contre tous ceux qui l’ont conseillé d’éviter de travailler avec des visages inconnus du grand public.
Justement, comment la réalisatrice Fatema Boubekdi vous a repérée pour jouer dans « Aïcha Douiba » ?
Il faut dire que j’ai déjà joué devant la caméra de Fatema Boubekdi, et ce dans les cinq épisodes du feuilleton « Al-Kamine ». C’était un petit rôle, mais j’en suis fière. Tout a commencé lorsque Fatema Boubekdi m’a recontacté et m’a proposé de jouer dans un nouveau téléfilm. Je ne m’attendais pas à camper le premier rôle, c’était une belle surprise. En fait, « Al-Kamine» était de bon augure et pour moi et pour Yassine Hajam, un collègue de ma promotion qui a joué également dans ce feuilleton. Tous les deux, on avait enfreint un règlement majeur de l’ISADAC, celui de demander une autorisation avant tout tournage. La direction de l’Institut a été sévère à notre égard : une année blanche !
Elle devrait être également votre dernière année à l’ISADAC. Comment avez-vous vécu une sanction pareille ?
Cette année blanche n’a été nullement un blocage ou un handicap pour notre carrière. Loin s’en faut ! C’était une année en rose, je dirais même haute en couleurs (rires). Face à cette punition, nous n’avons pas baissé les bras. Nous avons commencé par intégrer la troupe régionale du théâtre de Mohamed Zouhier, à Rabat. Et puis, nous avons fait « Aïcha Douiba ». Cette année blanche a été une leçon pour nous deux. Certes, le théâtre est un art, mais il est avant tout autre chose, une discipline. Yassine Hajam et moi, avons appris que le théâtre c’est du sérieux. C’est justement ce que nos professeurs, à l’ISADAC, voulaient nous transmettre.
Et même en reprenant vos études, vous avez continué à travailler parallèlement. Vous avez, encore une fois, joué ensemble dans « Amoud » de Fatema Boubekdi. Comment avez-vous procédé pour ne pas rater la quatrième année ?
Durant toute l’année universitaire 2003/2004, nous n’avons joué que dans une seule pièce théâtrale dans le cadre des cours pratiques de l’ISADAC. C’est ainsi que nous avons pu tourner « Amoud », qui est un feuilleton de 15 épisodes. Yassine Hajam et moi, avons fait également le mémoire de fin d’études ensemble, qui portait sur l’un des chefs-d’oeuvre d’Eugène Ionesco. Ah ! il faut dire que je suis majeure de ma promotion et je n’ai pas eu le temps de savourer le fruit de mes années d’études, puisque le lendemain je devais partir pour Casablanca en raison du tournage de la sitcom « Sir H’tta T’ji ».
N’avez-vous pas l’impression que vous avez déçu plus qu’un en interprétant le rôle d’ « Amal Tissir » dans « Sir H’tta T’ji » ?
Bon, il faut éclaircir certaines choses. Je suis une débutante dans le domaine et je tiens surtout à connaître et travailler dans presque tous les genres artistiques : téléfilms, feuilletons, sitcoms…Dans « Sir H’tta T’ji », j’ai joué avec les géants de l’humour marocain, Mohamed El Jem, Mohamed Al Khiyari, Amal Atrach et bien d’autres comédiens.
En regardant « Aïcha Douiba », le téléspectateur a apprécié ce rôle de jeune fille futée, magouilleuse et manipulatrice. Mais ce téléspectateur ne sait pas que je ne peux pas me contenter d’un seul personnage. D’aill-eurs, je suis une actrice et une actrice, par définition, est, bel et bien, celle qui arrive à camper tous les rôles possibles et imaginables.
Vous venez d’obtenir le Grand Prix du théâtre de Jordanie, et vous vous penchez, actuellement, sur un nouveau projet avec Yassine Hajam. De quoi s’agit-il ?
Nous avons eu le Grand Prix du théâtre de Jordanie, mais également le Prix du maquillage. C’était en juin 2004. Maintenant, nous entamons les répétitions pour une pièce théâtrale de Garcia Lorca, « Noces de sang », dont Yassine Hajam est le réalisateur. Il y a aussi des projets pour la télévision, mais je préfère en parler plus tard, lorsque les choses se concrétiseront.
Et à quand le cinéma ?
Pour le moment, je n’ai reçu aucune offre.

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