Vie politique : Lorsque le militantisme se conjugue au féminin

Vie politique : Lorsque le militantisme se conjugue au féminin

Les temps ont bien changé et être femme n’est plus un tabou pour accéder aux plus hautes fonctions politiques. La politique s’est féminisée et cela se traduit par l’accession des femmes à des postes clés. Pendant très longtemps, les femmes se trouvaient  dans une situation d’exclusion totale dans la prise de décisions politiques. Les femmes marocaines jouent un rôle primordial dans le développement du pays et ont franchi des étapes importantes au niveau politique. Jamais le gouvernement n’a comporté autant de femmes ministres. Au total, sept femmes sont en charge de départements allant de la Santé à l’Energie en passant par le Culture et les Sports contre seulement deux ministres dans le précédent gouvernement.  La représentativité féminine dans ce vingt-neuvième gouvernement depuis l’indépendance est un record historique  sur le plan  quantitatif. Le Maroc peut se réjouir puisqu’il arrive  en tête des pays arabes comptant des femmes ministres devant la Jordanie, la Mauritanie et l’Algérie.  Ce changement illustre le désir de reconnaître les compétences des femmes et la place qui leur revient dans la société marocaine. Les hommes ont enfin compris que toute  démocratie ne peut se faire sans la participation de la seconde moitié de la société.  On peut supposer que les femmes en politique considèrent les problèmes dans une perspective différente de celles de leurs homologues masculins. Leur mode de socialisation, leur expérience de la vie sont différents.  Cela dit, la représentation féminine au Parlement est encore faible. Aujourd’hui, les femmes représentent seulement 10,5% du nombre de députés de la première Chambre. Bien que le nombre de femmes élues est faible, il peut représenter une force.  Après tout, ce qui compte, ce n’est pas la quantité mais la qualité des élues. Ces femmes sont jeunes, instruites et sont pour la plupart des cadres supérieures de l’administration et des universitaires, ce qui leur permet de tenir des débats. La participation des femmes à la politique  que ce soit au niveau national ou local  peut favoriser le passage de lois tenant compte davantage des besoins des femmes, des enfants et des familles. Quand les femmes ne peuvent faire entendre leur voix en politique, ce sont d’ardents défenseurs des enfants qui sont réduits au silence.
Pour bon nombre d’observateurs, l’idée d’adopter un quota pour les femmes au Parlement est une initiative qui a conduit beaucoup de femmes marocaines à s’impliquer davantage dans la bataille politique au sein des partis. Les systèmes de quota ont augmenté la participation et la représentation des femmes dans les postes politiques décisionnels obtenus tout aussi par nomination que par élection. Les quotas sont considérés comme l’une des actions positives les plus efficace pour augmenter la participation politique des femmes. Dans les pays où les enjeux relatifs aux femmes ont toujours été relégués au dernier plan, la hausse du nombre de femmes ayant des postes décisionnels a aidé à propulser les préoccupations des femmes à un niveau de priorité plus élevé. La visibilité des femmes «leaders» a en général donné plus d’importance aux droits des femmes. Les quotas pour les femmes dans la politique permettent un changement d’attitude envers le rôle des femmes et leurs compétences.
Le leadership politique des femmes doit être renforcé davantage afin de réaliser un programme de développement durable axé sur les êtres humains et qui œuvre pour l’élimination dans les textes de loi et dans la réalité quotidienne, de la discrimination basée sur le genre,  la classe sociale,  l’emploi, le mode de vie, les apparences, l’âge et autres.
Les politiciennes leaders, nombreuses ou non, ne peuvent créer un réel changement que si elles sont en mesure d’utiliser leur pouvoir politique pour la promotion politique, sociale, économique et culturelle des femmes et d’autres groupes marginalisés. Pour participer aux processus politiques, les femmes ont besoin de jouir au plein exercice de leurs droits civiques et politiques. Les libertés démocratiques telles que celle de l’expression, de la presse, d’opinion, de réunion, syndicale, et autres, sont des véhicules indispensables à la pleine participation politique des femmes.

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