Vingt mille lieues sous les mers

Vingt mille lieues sous les mers

Après Rabat, El Jadida, Essaouira et El Hoceïma, l’exposition «Archéologie sous les mers, techniques de recherches» fait escale durant un mois dans la ville du détroit. Lors de l’inauguration, vendredi soir, de l’exposition itinérante montée à la galerie d’art contemporain de Tanger jusqu’au 18 février prochain, le Pr. Jean-Luc Massy a présenté les plus récentes techniques de la prospection archéologique. Des techniques qui permettent de sonder les fonds marins à la recherche des richesses archéologiques (vestiges, épaves d’anciens navires) submergées depuis la nuit des temps. Les vestiges d’anciennes cités ont fini dans les fonds marins en raison du mouvement des plaques continentales qui ont redessiné, par un long procédé, les limites et contours entre terre et mer.
La manifestation, organisée en coopération avec le ministère de la Culture, ambitionne de partager avec le grand public la passionnante exploration archéologique des fonds marins à travers des photos commentées et des documentaires. Après des tournées à succès durant plusieurs années en France, l’exposition, dédiée particulièrement à l’espace méditerranéen, s’est dotée d’une version arabe depuis 1998. Une version exposée en permanence à la bibliothèque d’Alexandrie depuis 2003.
Depuis, le contenu de l’exposition a connu de nombreux apports pour l’actualiser avec les récents développements dans le domaine de l’exploration archéologique marine. En 2006, l’exposition s’est enrichie par une documentation sur les sites archéologiques marins du littoral marocain. Grâce à leur position stratégique au niveau du bassin méditerranéen, les côtes marocaines recèlent d’importants trésors archéologiques. Les premières prospections sous-marines engagées dès 1999 le long du littoral méditerranéen ou atlantique, comme au large de la péninsule de Tanger, au Cap Spartel, à l’île de Mogador, ont permis ainsi de localiser et d’identifier de nombreux gisements immergés, qu’il s’agisse d’épaves ou de mouillages remontant à des époques lointaines de l’histoire de la région qui a connu la succession de nombreuses civilisations.
Discipline naissante au Maroc, l’archéologie sous-marine en est encore à ses débuts. Complémentaire des sources écrites très riches, elle apporte une lecture originale de l’histoire maritime marocaine à toutes les époques sur des aspects variés comme la fluctuation du niveau marin, le commerce, les grandes routes maritimes, la guerre en course, l’architecture militaire. Cette exposition montée à Rabat, à El Jadida, à Essaouira, à El Hoceima et à Rissani, et maintenant à Tanger, marque une étape importante dans la gestion du patrimoine marocain qui cherche à mettre l’accent sur le développement de l’archéologie sous-marine. Elle permet de sensibiliser le grand public à la nécessité de la protection du patrimoine culturel maritime et lui permet de découvrir un nouveau champ d’études prometteur pour les futures recherches. Le patrimoine archéologique dans les fonds marins est protégé au Maroc par une convention de l’UNESCO ratifiée en 2001. Les dispositions de la convention visent à protéger ce patrimoine contre le pillage et la prospection anarchique. Le document incite à préserver ce patrimoine archéologique dans son emplacement original.

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