«Visa pour l’image» déplore des photos de plus en plus aseptisées

«Visa pour l’image» déplore des photos de plus en plus aseptisées

«Visa pour l’image», le festival international de photojournalisme, déplore des photographies «de plus en plus aseptisées», une inquiétude qui sera évoquée lors du 20e anniversaire de cette manifestation, du 30 août au 14 septembre à Perpignan.
«Visa pour l’image, c’est vingt ans de passion. (…) C’est aussi vingt ans de défense inconditionnelle d’une profession qui a dû faire face à des mutations et même des turbulences», a déclaré lors d’un point de presse Jean-Paul Alduy, maire de Perpignan, ville qui accueille le festival depuis sa création.
«Passion des photographes. Passion pour les photographes», indique le fondateur-organisateur du festival, Jean-François Leroy, pour résumer l’esprit de ce grand rendez-vous du photojournalisme.
En vingt ans, plus d’un million de personnes ont visité quelque 600 expositions, dont l’accès est gratuit, ont rappelé les organisateurs.
Pour l’édition 2008, une trentaine d’expositions sont prévues, avec notamment la présentation des travaux de David Douglas Duncan sur la guerre de Corée, de Horst Faas sur le Vietnam, de Göksin Sipahioglu sur mai 68. Un hommage sera rendu à la photographe Alexandra Boulat, décédée en octobre à 45 ans.
Les grands thèmes de l’actualité seront bien sûr également abordés, avec des photos sur le Tchad, la Colombie, l’Irak, le Tibet, la campagne présidentielle américaine… Le festival récompensera les photojournalistes avec six prix, dont les Visa d’or news, magazine et presse quotidienne.
Mais malgré son enthousiasme après 20 ans de travail, Jean-François Leroy déplore que les photos «soient de plus en plus uniformisées». «90% des photos que j’ai reçues cette année sont aseptisées: elles n’expriment rien», a-t-il estimé, interrogé par l’AFP.
«Il y a de plus en plus de gens qui font de la photo et moins de photographes», a-t-il jugé. «Dans photojournalisme, il y a le mot journalisme. Les images doivent donc apporter des informations. Elles ne doivent pas seulement être de jolies illustrations!», a ajouté M. Leroy.
Un débat intitulé «Crise du photojournalisme, crise du journalisme, crise de l’information?» sera organisé pendant le festival. «Cette question avait déjà été abordée lors de la 19e édition, mais nous la posons à nouveau, puisque nous n’avons pas trouvé de solution et que la situation ne fait que s’aggraver», souligne Jean-François Leroy.
«Les photojournalistes sont aujourd’hui souvent  embarqués: on les parque derrière une corde et au final, leurs photos sont toutes prises sous le même angle», a ajouté l’organisateur du débat, Jean Lelièvre, citant en exemple la campagne présidentielle française.
«C’est à cette dégradation de l’image que notre rendez-vous voudrait tenter d’apporter une explication, si ce n’est une amorce de solution», a ajouté M. Lelièvre.

• Caroline Taix (AFP)

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