Vivendi songe à abandonner Vizzavi

S’agit-il du début de la fin de la saga Internet de l’empire Vivendi Universal? Le Géant des télécommunications envisage en effet de « purger ses activités Internet destructrices de cash ». C’est presque sûr : le Pdg de Vivendi Universal, Jean-Marie Messier, réfléchit à une purge des activités Internet de son groupe, ce qui pourrait le conduire à un abandon de Vizzavi, le portail détenu à parité avec le Britannique Vodafone, rapporte le très sérieux Financial Times.
Cette cession a été évoquée, selon le journal, à l’occasion d’une réunion du Conseil d’administration à Paris, de même que les ventes éventuelles des portails Scoot et IFrance. « M. Messier, la semaine dernière, a évoqué lors du conseil d’administration la possibilité de vendre Vizzavi, le portail multi-accès qui devait être le ciment des activités de distribution et de contenus de Vivendi Universal », écrit le quotidien. Le portail Internet multi-accès Vizzavi, pour lequel Vivendi Universal et Vodafone avaient investi 1,6 milliard d’euros en 2000, n’a toujours pas dégagé de bénéfices. Vizzavi, un temps valorisé jusqu’à 8 milliards d’euros par des banques d’investissements anglo-saxonnes, est désormais compté pour zéro dans des valorisations par la somme des parties de plusieurs bureaux d’analyse tels que ING ou CLSE Securities. Interrogé mardi dans la matinée, un porte-parole de Vivendi Universal n’a fait « aucun commentaire » sur une éventuelle cession d’activités Internet.
Déjà, en janvier, le directeur général de Vizzavi Evan Newmark avait quitté ses fonctions, et une centaine d’emplois avaient été supprimés. Lors de l’assemblée générale des actionnaires de Vivendi Universal, le 24 avril, M. Messier n’avait évoqué aucune cession d’actifs dans l’Internet. Mais il avait précisé que l’un des cinq engagements de VU pour les deux années à venir était de s’attaquer aux foyers de pertes du groupe : Canal+ et l’Internet. Le Financial Times évoque aussi des divergences apparues la semaine dernière au sein du Conseil d’administration de Vivendi Universal, entre administrateurs français et nord-américains.
Selon le FT, les Français souhaitaient, la semaine dernière, publier un texte de soutien à Jean-Marie Messier, alors sévèrement critiqué pour les pertes et l’endettement du groupe, tandis que les Américains ont jugé qu’une telle démarche adresserait un signal négatif aux investisseurs.
Symboliquement, l’abandon du portail qui a été présenté comme la clef de voûte de la stratégie de convergence entre les contenus culturels et les canaux de distribution sur laquelle repose la création de Vivendi Universal serait un revers pour le président de VU Jean-Marie Messier. Et dans la même optique, l’avenir de Scoot et d’IFrance est également à l’étude, ajoute le journal. Inquiétant.

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