Voyage au bout du désert

Voyage au bout du désert

«Ici, je ne possédais plus rien au monde. Je n’étais qu’un mortel égaré entre du sable et des étoiles, conscientes de la seule douceur de respirer ». Pour Patrick Bauer, directeur de la course, il n’a pas mieux que ces paroles de Saint Exupéry pour décrire le Marathon des Sables. C’est ainsi que commença la 24e édition de cette aventure sportive. Vendredi à 8heures, à Ouarzazate, le convoi a pris le départ pour se diriger vers Merzouga en plein sahara. Après cinq heures de route passant par Tenjdad, Boumalen, Skoura et Tenghir afin de rejoindre le bivouac du marathon des sables. Une course reine du sud, qui a vu le sacre de Lahcen Ahensal, et en 2008 de son frère Mohamed Ahensal, originaires de Zagora. Chaque année, cette épreuve passe par des paysages à la fois splendides et extrêmement difficiles. Normalement, il fait chand en cette période de l’année, mais cette fois-ci, et pour la première fois depuis la création de cet événement en 1986, le marathon a pris l’eau. Des conditions atmosphériques difficiles inattendues ont annulé la première étape de cette 24ème édition de cette manifestation internationale. Certes, les participants ont traversé toute la route qui relie Ouarzazate à Merzouga sous des pluies diluviennes. Tout le monde étais anxieux pour ces pluies qui n’ont pas joué en faveur du Marathon. Les fortes précipitations ont stressé l’ensemble des participants et organisateurs. Et la crainte d’une annulation de la compétition se faisait sentir.
Le fantôme des sables mouvants guettaient l’épreuve. Et l’aventure du fameux Marathon des sables risquait de devenir la mésaventure de la pluie et de la boue. Le seul souhait des marathoniens était  donc le retour du soleil et que le sable sêche le plus tôt possible afin de reprendre leurs espoirs et participer à l’épreuve. «Je prie beaucoup et tout le temps pour que le ciel soit clément avec nous afin que le coup d’envoi puisse être donné», nous a déclaré Touda Didi victorieuse de l’année dernière et la seule Marocaine participante à cette manifestation, les yeux pleins d’espoir.  Le lendemain, Patrick Bauer, directeur de la course, a annoncé lors une conférence de presse tenue samedi dernier à Erfoud que la première étape a été annulée. «Je participe pour la treizième fois, mais je n’ai jamais vécu un tel chagement de climat depuis ma première participation en 1996. Pour moi ce marathon est l’une des principales épreuves ayant marqué ma vie d’année en année. C’est une compétition qui m’a aidé à vider mon esprit tout en remplissant mes poumons d’air pur du desert. Je n’ai jamais pensé que ce marathon ne se déroulera pas une seule année», a confié le Maroco-Libanais Mustapha Arnaout 49 ans ingénieur paysagiste.  Karim Bennis, architecte à Casablanca, rechérit pour sa part: «je participe pour la dixième fois consécutive et je trouve que cette compétition est un défit sportive où l’on rencontre des amis au bivouac puisque on constacte une vie sympathique sous la tente loin des plafonds de marbre.  Et je n’ai jamais imaginé que cette compétition annulera un jour ses épreuves». Pour l’organisation de cette épreuve se déroulant traditionnellement fin mars début avril dans le Sahara sud marocain, une de ses particularités est qu’elle doit se courir en autosuffisance alimentaire et matérielle. Cela signifie que le coureur doit porter ses vêtements, son duvet, sa nourriture pour la semaine ainsi que le matériel de sécurité obligatoire et une petite pharmacie. La nourriture doit nécessairement représenter 2000 kilocalories par jour. L’eau environ 9 litres, par jour, est fournie par l’organisation. Chaque nuit se passe au bivouac, sous des tentes. «L’idée de ma participation est venu quand j’ai vu un reportage réalisé par TV5 où j’ai constaté que ce Marathon des sables est un sérieux défi pour les participants. Et aussi un exercice pour tous ceux qui veulent tester leur patience en plus que c’est une épreuve qui réunit tous les cœurs et les mentalités du monde», a confié Simone un Italien de 25ans. Loin d’un son de cloche, le fait d’être malade n’empêche pas les concurrents de participer au Marathon des sables. D’ailleurs, un patient diabétique de type 1 a pris part à cette course. Cette participation,  dans l’une des courses les plus éprouvantes au monde, rendue possible grâce à Novo Nordisk, témoigne de la compatibilité de l’activité physique avec le diabète. Un fait qui mériterait d’être relayé. « Novo Nordisk  est un exemple qui mérite tout le courage du monde puisque il va surmonter l’expérience du désert qui est un challenge pour lui», a assuré Gerrard Garofaco 36 ans médecin  Français.


DNES à Merzouga Houda El Fatimi
[email protected]dhui.ma

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