Voyage au coeur de la Roumanie

Trois regards se parsèment et s’éparpillent sur une terre féconde, celle de la Roumanie et quand ils germent, ils donnent naissance à un arbre fruitier de photographies. Et comme dans un rêve, des graines scintillantes dévoilent un ciel où se brodent artistiquement, par éclats de lumières, les secrets d’un village roumain. Et à travers un triptyque, se dessine  le portrait  d’une contrée contemplée par les regards  de trois générations d’artistes photographes roumains: Jozsef Marx, Mihai Moiceanu et Gheorghe Serban.
Comme des grains de beauté, les photographies dénudent la splendeur des paysages, font entendre les mélodies des chants folkloriques qui, malgré les assauts accélérés de la modernité uniformisatrice, gardent encore leur identité puisant dans les traditions et les coutumes roumaines. Le grain est, dans une étape de latence, une origine aussi bien qu’un potentiel. Il est ce fragment de vie qui contient, avec des modifications minuscules, un avenir possible, mais également un passé, sans lequel nous ne pouvons nous référer à rien. Du ciel de leurs objectifs, les trois artistes dispersent des graines du ciel sur le sol roumain, au sein d’une Europe aujourd’hui en voie de globalisation. Trois visions et chacune renvoie à un univers culturel indépendant de l’artiste, mais toutes ont une idée commune: d’où vient-on ? Qui sommes-nous ? Et vers quoi l’on se dirige ? Les trois auteurs communiquent par les photographies, ils peuvent être plus critiques, plus maussades, plus étroitement liés aux réalités, ou plus proches aux jonctions d’une compréhension culturelle. Jozsef Marx crée une méditation sous forme pure, Mihai Moiceanu est un géomètre et Gheorghe Serban nous invite dans les villages pour nous clarifier nos propres identités. Ils portent tous le grain du ciel, qui garde en soi la possibilité d’une perpétuelle fécondité. Jozsef Marx est un des patriarches de la photographie roumaine. Son œuvre, qui couvre un demi-siècle, dépasse les blessures de l’Histoire, les supplices humains inhérents et les périodes difficiles. Le photographe a trouvé la puissance de produire de la pure contemplation des paysages, des portraits en plus des reportages photos en noir et blanc. Mihai Moiceanu, lui,  est un géomètre. Les lignes et la subtile transformation des émotions, dans une éternité peuplée par les jonctions de la lumière avec les chemins de l’homme, se trouvent parmi ses préoccupations fondamentales et il trouve dans ses villages cet équilibre essentiel entre humanité et universalité.
Mihai Moiceanu est une présence brillante parmi les photographes professionnels roumains, par sa modalité d’expression, par les sujets et spécialement par une générosité qui réussit à lier êtres humains et endroits avec la lumière.
Quant à Georghe Serban, le plus jeune des trois photographes présents dans cette exposition, il est un artiste qui ne cesse de s’interroger sur tout ce que son oeil capte. Il nous invite dans les villages pour nous faciliter la rencontre avec nos propres réponses. Ses œuvres son un trésor de lumières et d’ombres, parmi lesquelles on peut apercevoir une infinité de nuances. Cette exposition se propose donc de faire connaître la culture roumaine et de promouvoir le dialogue interculturel en faisant valoir et en immortalisant différentes facettes de la vie quotidienne et des traditions propres à un village roumain.
Bon voyage.

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