Voyages en autocar : Entre satisfaction et attentes

Voyages en autocar : Entre satisfaction et attentes

Pour mettre au diapason un secteur vital tel que le transport routier, les pouvoirs publics tablent sur une couverture totale du territoire avec une panoplie de services en mesure de propulser un secteur en pleine croissance. Plus d’un million de Marocains se déplacent quotidiennement et génèrent des bénéfices qui se chiffrent en milliards de dirhams.
Pour répondre aux différentes attentes qualitatives, les services proposés veillent sur le respect des fréquences de déplacement ainsi que de leurs horaires. Les tarifs sont fixés selon deux classes : la première catégorie touche les autocars haut de gamme et la seconde concerne le reste du parc d’autocars. La différence des prix entre ces deux catégories avoisine les dix dirhams par cent kilomètres.
Le voyage en autocars est le mode le plus utilisé pour son attractivité pécuniaire et sa proximité des différents centres citadins ou ruraux. Ainsi un aller Casablanca-Lâayoune en première classe est à 370 DH alors qu’un aller simple Oujda-Figuig est à 90 DH ou Oujda-Tanger à 150 DH, un Lâayoune-Dakhla est à 200 DH contre 120 DH pour Marrakech-Fès.
Sur le million de voyageurs qui se déplacent quotidiennement, l’autocar se réserve la part du lion avec 35% du pourcentage du transport journalier. Les 2700 autocars qui sillonnent le pays occupent de loin la première place au niveau de l’offre. Ils sont suivis des grands taxis qui assurent 15,1% de la demande alors que le train occupe la troisième place avec 6%. De leurs côtés, les transports ruraux sous forme de minibus équipés ou non couvrent une demande de 3%. Les 40% restant, sont assumés par les véhicules privés, selon des informations recueillies auprès du ministère du Transport.
Dans tous les itinéraires, les points d’arrêt sont desservis par plusieurs périples par jour. En plus le paysage est à découvrir tout au long du voyage tant il est variable ou viable d’une région à une autre : c’est le côté découverte et plaisance qui corrobore le besoin en déplacement. Les pauses-café ou sandwichs font désormais partie d’un rituel qui prend de plus en plus d’ampleur. "Je ne peux faire Oujda-Casa sans me reposer et manger durant mon déplacement", explique Hamid Amrani, voyage pour des raisons commerciales. «Seulement, il faut faire très attention à ce que l’on prend. Les gargotiers de Sidi Allal Elbahraoui, Lamhaya ou Oued Amlil peuvent vous servir une nourriture qui laisse à désirer ou doublent le prix si vous n’êtes pas attentifs». D’autres voyageurs précisent que "ce sont les chauffeurs qui déterminent les lieux de repos".
Quant aux gares routières à l’instar de « Oulad Ziane »  à Casablanca, «Kamra» à Rabat, «Inezgane» à côté d’Agadir, «Bab Ftouh» à Fès et « Parada» à Nador ; elles sont gérées par les municipalités qui reçoivent des redevances qui se chiffrent en milliards de centimes. Seulement il y a celles qui sont propres à l’instar de la gare de Tanger et d’autres qui laissent à désirer comme celle d’Oujda. Ces gares sont prises d’assaut par des courtiers qui n’ont rien à voir avec les transporteurs et qui excellent dans l’art du harcèlement et du racket. C’est un mal nécessaire, selon certains transporteurs, du moment qu’ils s’occupent de la vente de leurs billets. Ainsi, plusieurs sociétés de transport, au lieu de se contenter des ventes au guichet, recourent à des rabatteurs avec toute l’arnaque que cela peut engendrer. Une complicité qui est derrière la flambée des prix en période des fêtes. Ce sont ces courtiers en connivence avec les chauffeurs qui maîtrisent l’offre et non les transporteurs qui sont obligés de respecter la réglementation en vigueur. Le prix, par principe, est fixé par les délégations du transport et obéit aux critères de la distance et de la catégorie.
Les professionnels courent derrière la maîtrise d’un secteur qui semble leur échapper vu la multiplicité des intervenants au niveau du contrôle. Ils tablent sur la compétence d’un personnel expérimenté en mesure de gérer à bon escient un secteur qui, de temps à autre, défraie la chronique par la gravité des accidents qu’il provoque. Plusieurs propositions ont été faites par les trois fédérations de transporteurs qui assurent la couverture du réseau routier : compétitivité oblige.
Ceci dit, en dépit de tous les efforts consentis pour améliorer les services de sécurité, le transport est un secteur qui n’est pas hyper contrôlé.  L’ensemble des intervenants n’arrivent pas à conjuguer leurs efforts en même temps. Ainsi, les services du ministère du transport à travers ses délégations régionales, les services de contrôles au niveau du réseau routier et qui est assuré par la gendarmerie, les contrôleurs routiers, la police et les inspecteurs des gares routières n’assument pas à merveille leurs missions pédagogiques de dissuasion. Les campagnes saisonnières, en dépit de leur importance, ne peuvent instaurer la confiance convoitée entre professionnels et services de contrôle, rapporte Abdeslam Arabi, un chauffeur habitué aux longs trajets. La formation continue prônée par le ministère est d’une importance primordiale mais n’a pas atteint tous ses objectifs.  Or, un bon chauffeur est un capital pour le transporteur. Le plus souvent ils perçoivent un salaire qui oscille entre 3000 et 4000 DH par mois et des gratifications quotidiennes de déplacement sous forme de prime de panier sur les bagages et services rendus.
Le prix d’achat d’un autocar avoisine les 180 millions de centimes HT. Les lignes à longues distances doivent être desservies par deux autocars et deux chauffeurs pour les distances qui avoisinent les 500 kilomètres. Les agréments sont loués entre 10.000 DH et 50.000 DH mensuellement.

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