Yassine Sekkal : un jeune acteur sous le signe de l’engagement

Yassine Sekkal : un jeune acteur sous le signe de l’engagement

Le Bart Simpson de «Famila jenb lhit» attire les curiosités. Avec son entrée en force sur nos petits écrans en ce mois de Ramadan, Yassine Sekkal n’est pas passé inaperçu. Du haut de ses 27 ans, le jeune acteur s’est déjà fait une place parmi les stars montantes les plus prisées du secteur. Très modeste et décidé, il affirme qu’il a encore tout à apprendre. Sa jeune vocation est née sur le chemin du lycée. Voisin et ami de Rami Fijaje, il a trouvé en ce dernier son guide pour se découvrir un talent très applaudi dans le petit théâtre du lycée. «Rami faisait déjà du théâtre et avait insisté pour que je participe à la pièce qu’il avait montée à l’époque. Dès la première répétition, ce fut une révélation pour moi et j’ai su que c’est ce que j’allais faire toute ma vie», explique Yassine Sekkal. Aussi, le hasard a voulu qu’il participe à un court-métrage de Youness Regab, qui lui a valu le prix de la meilleure interprétation au festival de l’IGA à Rabat pour le rôle d’un handicapé. Par la suite, Bac en mains, il a décidé de passer le concours pour intégrer l’ISADAC. «Ma mère était tout à fait contre. Elle disait que le théâtre ne devait pas dépasser le simple hobby et qu’il me fallait un vrai métier. Je lui ai raconté qu’avec mon diplôme de l’institut, je pourrais très vite travailler pour le ministère de la Culture et elle y a cru. Et pour m’éviter tout risque qu’elle change d’avis, je n’ai postulé à aucune autre école ou université à part l’ISADAC», se souvient Yassine. Un gentil leurre qui a fini par s’évaporer quand Yassine a décroché son diplôme et que sa mère était devant le fait accompli. «Elle a bien accepté la chose et a fini par comprendre que j’étais fait pour ça», révèle Yassine. Cependant, les quatre années d’études n’étaient pas vaines, dans le cadre des ateliers libres, il a créé avec des lauréats de l’institut la compagnie «Daha-Wassa» (ici et maintenant). Ils ont ainsi monté la pièce «Trois nuits avec Madox» de Matéi Visnic adaptée en dialecte marocain. Leur interprétation leur a valu une subvention du ministère de la Culture et une subvention complète pour monter une autre pièce. «Le hasard a voulu que Matéi Visnic assiste à une de nos représentations. Il a beaucoup aimé notre adaptation et dans son émotion, il nous a proposé son texte (Le spectateur condamné à mort) sur lequel nous travaillons actuellement avec le soutien du ministère», souligne le jeune acteur. Ainsi, à peine diplômé en 2008 et rempli d’ambitions, il joue dans le téléfilm «Victime» de Hakim Nouri. «Pour moi, c’était une expérience très spéciale. J’ai joué le rôle d’un adolescent qui va sombrer dans la vente de drogue. Un rôle tout nouveau pour moi et une expérience excitante d’autant plus que le cachet de ce travail a servi à financer mon mémoire de fin d’études», déclare Yassine. Par la suite dans le cadre d’un partenariat entre deux associations, Yassine a participé à l’animation de la fête d’un petit village des Alpes en France avec une performance de lumière et un Time lapse. Une riche expérience qui s’est suivie de quatre mois de repos et de retour à soi-même. Yassine se remettait à jour pour mieux se convaincre de la carrière qu’il voulait faire. De nouveau sur les rails et plus décidé que jamais, il joue dans le téléfilm «Une heure en enfer» de Yassine Fennane parallèlement à son travail dans la compagnie. Et la saga se poursuit avec «Stah» un spectacle pour la petite enfance sous la direction artistique de Zakarya Lahlou, «Famila jenb lhit» de Hicham Lasri, «Majid» de Nassim Abassi, «Okba lik» de Yassine Fennane et bien d’autres activités et expériences théâtrales et cinématographiques. «Je voudrais remercier toutes les personnes qui ont croisé mon chemin parce que d’une façon ou d’une autre elles m’ont appris quelque chose», précise Yassine. Décidé à apprendre, il rêve d’interpréter le rôle d’un pirate ou d’un personnage fantastique. Cependant, en acteur engagé, il refuse de participer à un film qui serait matière à toute forme de propagande. Un jeune talent ouvert à toutes les nouvelles expériences et qui promet beaucoup au cinéma marocain.

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