Younès Moujahid : «Nous voulons une entreprise de presse solide et prospère»

Younès Moujahid : «Nous voulons une entreprise de presse solide et prospère»

ALM : Comment avez-vous accueilli cette nouvelle reconduction ?
Younès Moujahid : En pensant à l’énorme responsabilité que je serais, de nouveau,  amené à assumer. C’est une mission très difficile. Nous sommes par contre heureux de constater que le corps du syndicat a, à peu près, atteint 1700 membres. Le nombre est en effet très élevé en comparaison avec les autres secteurs et les autres pays. Nous allons travailler dans la continuité.

Quelles sont les attentes et les priorités ?
Elles sont nombreuses et en même temps, importantes. Il s’agit de la lutte continue pour la liberté de la presse, la formation, la recherche d’une véritable et durable solidarité. Le côté social et matériel, c’est primordial. Nous luttons pour un fonds social, une de nos préoccupations majeures que nous sommes en train de discuter avec le gouvernement. C’est un fonds qui devrait toucher les différents secteurs du monde médiatique. Nous luttons pour offrir aux journalistes une vie sociale et matérielle digne du métier qu’ils sont fiers d’exercer. Nous sommes là pour défendre leurs droits. Nous mettons aussi l’accent sur la déontologie et ce que nous appelons, la démocratie rédactionnelle. L’entreprise doit afficher ouvertement sa ligne éditoriale et défendre librement son choix. D’autre part, il faut que le journaliste respecte la  déontologie selon une charte rédactionnelle inspirée des normes universelles de la presse.

Vous avancez dans ces discussions sur le fond ?
Il s’agit surtout de se mettre d’accord sur le statut de ce fonds d’aide. Nous optons pour une fondation. Nous luttons également pour la question du logement des journalistes. Nous avons signé un accord de principe avec Addoha. Il reste des petits détails à régler. Nous organisons aujourd’hui une rencontre avec le ministère de la Formation professionnelle, pour un projet d’accord qui se rapporte justement à la formation des journalistes.

Qu’en est-il des  moyens mis à votre  disposition ?
Nous avons d’énormes dépenses à honorer; plus de 7 locaux, des permanences, des rémunérations, des déplacements, le transport, l’organisation des meetings, des rencontres, la formation, l’encadrement  des journalistes, notre avocat… avec seulement 240 mille DH… L’ancien Premir ministre, Driss Jettou, nous avait accordé 1 million DH. Nous recevons souvent des journalistes licenciés qui ont une famille à nourrir, un loyer, l’eau et l’électricité à payer et qui sollicitent notre aide. Il faut bien assister ces journalistes en litige. L’assistance ne dure que trois mois, et après ?

A quelle étape se situe le  projet de mise à niveau ?
Nous nous intéressons au sort des journalistes, mais aussi à celui de l’entreprise. La vie de l’entreprise, on la veut durable, solide et prospère. Nous sommes en train de mettre au point des idées, des concepts de gestion qui vont permettre d’aider l’entreprise à prospérer.

Et le code de la presse ?
Il serait franchement difficile de dire, dans l’état actuel des choses, que nous sommes satisfaits. Loin de là. Il suffit de rappeler que le journaliste Hormat Allah est toujours en prison.

Un mot sur le dernier congrès.
C’est un bonheur d’assister à une participation massive et enthousiaste des journalistes. Ce congrès a réuni plus de 300 délégués représentant l’ensemble des sections, bureaux et comités syndicaux des différents organes de la presse nationale. Nous constatons avec satisfaction que les journalistes sont conscients qu’ils doivent s’unir, être solidaires pour qu’ensemble, ils puissent défendre la liberté de la presse. Une liberté qui doit, selon moi, être totale car il n’y a pas de liberté dans les tabous à condition qu’elle se concrétise dans le professionnalisme et la solidarité.


Election du bureau exécutif du SNPM


Le sixième congrès du SNPM, qui s’est ouvert vendredi sous le thème «Liberté, professionnalisme et solidarité», a débouché sur l’élection du bureau exécutif du syndicat composé de 19 membres, dont cinq femmes. Outre le président et le vice-président, le bureau exécutif comprend Mohamed Daw Serraj (secrétaire général), Mme Mounia Belaafia (secrétaire générale-adjointe),  Jamal Mouhafid (trésorier), Abdelfettah Sadki (trésorier- adjoint), Mustapha Znaidi (rapporteur) et Mehtat Rekkas (rapporteur-adjoint). Les autres membres du nouveau bureau sont Rabia Malek, Malika Hatim, Fatima Hassani, Myriem Halimi, Salaheddine Ghoumari, Ibrahim Lgharbi, Abdelkabir Akhchichine, Zouhair Edaoudi, Abdelaziz Hayoune, Said Koubrit et Mustapha Laraki. Le congrès avait élu samedi le conseil national fédéral du SNPM composé de 101 membres.

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