Youssra Oukaf, une rappeuse dans le vent

Youssra Oukaf, une rappeuse dans le vent

Youssra, alias Soultana Rap est une des cinq filles du groupe Tigresse Flow, formation qui a conquis le public depuis le début de sa récente carrière notamment dans le Festival ouf du bled ou encore dernièrement au concours Génération Mawâzine. Deux événements dans lesquels Tigresse Flow a eu les prix du meilleur groupe rap. Fille sensible, intègre, déterminée et sûre d’elle, au même titre que ses consœurs les tigresses, Youssra a de quoi intimider le rappeur le plus macho. «Toute femme qui veut faire du rap pourrait trouver des difficultés. Mais si elle a la volonté de percer dans le milieu, rien ni personne ne pourra l’en empêcher», déclare-t-elle. 22 ans déjà et Youssra a trois diplômes en poche, un d’hôtesse de l’air, un deuxième de secrétariat et un autre d’anglais. Toutefois, elle a choisi de faire carrière non pas dans son domaine d’études mais dans le rap. «La culture Hip hop c’est un tout un mode de vie. Dès mon jeune âge, j’écoutais du rap américain. J’ai aussi fait du basket, du skate, de la break-dance…», et d’ajouter : «Le rap pour moi c’est le moyen d’exprimer mes pensées, ma sensibilité et ce qui me touche profondément». Ainsi sur fond de mélodies les plus diverses : Ragga, Heavy métal, musique orientale…, les Tigresses sont capable de livrer avec puissance et pertinence un «Flow», des paroles évoquant tous les sujets et thèmes qui les interpellent dans leur vie quotidienne. Dans leur album maxi, Il y est question de thèmes traitant de l’immigration clandestine (Haraga walakin…), la liberté d’expression (Kifach) mais auusi de thèmes plus joyeux et festifs. «Dans la chanson «Gangsta Rap» on crie haut et fort qu’on peut être des femmes et faire du bon rap», explique Youssra. A travers la chanson No Peace, les rappeuses fustigent «ces slogans utopistes pour la paix dans le monde, qui ne sont même respectés chez soi». En l’espace de près de deux ans, les tigresses s’imposent comme l’un des groupes les plus promoteurs dans l’univers de la scène rap marocaine. Selon Youssra, le secret de cette réussite réside dans la persévérance et la confiance qu’ont les membres du groupe l’une envers l’autre, mais également dans le soutien du milieu familial et des amis. «Au début, on avait eu des difficultés pour enregistrer et répéter. Mais heureusement, le groupe Casa Crew, notamment Chaht Man et Masta Flow, nous ont beaucoup aidées à ce niveau. Et nos familles nous ont toujours supportées», affirme Youssra. «Les parents d’une des membres du groupe n’ont su qu’elle faisait du rap qu’avec notre victoire au Festival ouf du bled et après la diffusion de Génération mawâzine à la télévision, mais ils ont toujours eu confiance en elle et en ce qu‘elle faisait», ajoute-t-elle.
Par ailleurs les clichés ont la peau dure dans le milieu du rap. Selon Youssra, «les gens perçoivent d’un mauvais œil une fille qui fait du rap. Ils se disent qu’un tel genre de fille boit, fumant ou est forcément marginale. Mais ce n’est en aucun cas la réalité.» «Aussi, il y en a qui croit que notre succès est dû au fait que nous sommes des filles, mais il n’ont qu’à voir notre travaille et notre relation avec le public pour s’apercevoir du contraire», conclut- elle. C’est au Ramadan 2005 que le groupe Tigresse Flow a vu le jour. Au début, c’ était 2 rappeuses : Hind alias Mc Flow, et Sofia alias Desastra qui ont décidé de découvrir le monde du rap en venant s’exercer a l’écriture et au chant, après une année, un nouveau membre rejoint le groupe, Youssra alias Soultana. En 2008, le groupe accueille 2 nouveaux membres, Fatinez (Fatine) alias Khina et Dirty Flow (Wahiba). Les Tigresses Flow «sortiront leurs griffes» au concert du tremplin du Boulevard des jeunes musiciens au théâtre Mohammed V à Rabat prévu du 9 au 11 juin.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *