Yungchen Lhamo : la voix en offrande

Yungchen Lhamo : la voix en offrande

Lors du quatrième jour de la douzième édition du Festival des musiques sacrées de Fès, Yungchen Lhamo a offert sa voix en cadeau. Cette chanteuse tibétaine a transmis l’esprit céleste des montagnes du Tibet aux spectateurs du Musée Batha lors de son concert du lundi 5 juin.  Sa voix qualifiée de surnaturelle par les critiques a transcendé l’espace végétal de ce musée en plein air et s’est élevée dans les cieux.
La puissance de sa voix a donné la force à Yungchen Lhamo d’animer le plus souvent des concerts a capella. Le public reste concentré sur les différentes strates et échelles de sa voix. Pas moyen de détourner son attention. Depuis le commencement de sa carrière internationale en 1994, Yungchen Lhamo a toujours chanté des chants religieux et spirituels du Tibet sans accompagnement musical, aucun. Elle était fidèle aux traditions de ses ancêtres. Après s’être produite dans près de quarante pays, Yungchen est devenue sans aucun doute la plus célèbre chanteuse tibétaine.
Aujourd’hui, elle ose une hérésie en intégrant de l’instrumental dans ses chants. Son dernier album : «Ama release» sorti en 2004 est le point culminant de cette innovation. Des effets sonores, des rythmes de guitares et de batterie viennent s’ajouter et apporter leur valeur ajoutée aux chants de Yungchen Lhamo. Cette dernière a interprété les titres de son album tout récent arrangé par un membre essentiel du groupe : Jamshied Sharifi. «C’est Jamshied qui m’a encouragée a ajouté d’autres éléments sonores à ma voix» déclare Yungchen Lhamo.
Cette dernière qui semblait si prise dans ses traditions n’est pas contre l’aventure et les nouvelles expériences. «Elle a approuvé ce projet et nous avons discuté tous ensemble des nouveaux éléments qui peuvent enrichir cet album», souligne Jamshied Sharifi.
Ce dernier a usé sans abuser de la nouvelle technologie pour enrichir les chansons de Yungchen Lhamo. Satisfaite du résultat, la chanteuse tibetaine a fait confiance à ses trois musiciens, qui l’accompagnent aujourd’hui dans ses concerts. Telle une philosophe, Yungchen Lhamo pense qu’elle a pour mission de donner le meilleur d’elle même. «Chanter c’est donner», a-t-elle déclaré lors du concert. Après avoir perdu parents, famille et amis au Tibet à cause des affrontements avec les Chinois, la seule chose qui lui reste c’est sa voix. Un don qu’elle partage avec ses auditeurs.
En chantant une heure et demi, le public du Musée Batha ne s’est pas rassasié de sa voix. Lorsqu’elle s’est retirée avec ses musiciens, les spectateurs applaudissaient avec fougue pour lui demander de revenir. Ils n’arrivaient pas à croire que le concert était fini. Alors pour les remercier et dans une attitude de prière, elle les gratifie en chantant un dernier morceau.

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