Zoom sur Nass El Ghiwane

TVM rend hommage ce soir au groupe révolutionnaire «Nass El Ghiwane», qui est un véritable phénomène de société, depuis 30 ans. L’occasion est parfaite pour revenir sur le parcours de ceux que Martin Scorsese, le grand réalisateur américain, a surnommé les Rolling Stones de l’Afrique. Mais avant tout un clin d’oeil sur la pratique des ghiwanes, une coutume plutôt ancienne qui permettait la transmission du savoir de douar en douar, par le biais de troubadours nomades, qui à travers la poésie, le chant et le jeu théâtral avaient la capacité, par leur intégrité et leur modestie de décrire justement la vie par le chant et la parole. «Nass El Ghiwane » font partie de cette coutume ancestrale.
Aujourd’hui, après 30 ans d’existence, le groupe mythique continue d’émouvoir les jeunes et les moins jeunes par un talent à l’état pur dont les muses ne sont autres que la dignité et l’humilité. Histoire d’un groupe légendaire.
Ils sont cinq à former le groupe : Omar Sayed et Boujemâa qui habitaient Derb Moulay Cherif, Larbi Batma qui était issu du Kariane Jdid. Leur berceau au début des années 60 : le quartier de la résistance marocaine à Casablanca, Hay Mohammadi. Et justement ils vont révolutionner la musique marocaine.
L’amorce de leur carrière se fait à la maison de jeunes du Hay. Très vite les voilà qui intègrent la troupe de Tayeb Saddiki. Ils introduisent dans le répertoire dramatique de M. Seddiki, la célèbre chanson « Qittati Essaghira ». Puis lors d’une tournée théâtrale en France, l’idée de création d’un groupe voit le jour.
Rapidement une première représentation dans un restaurant de Casablanca suit. Mais ce n’est qu’en 1971 au théâtre Mohammed V à Rabat, que le groupe fait un tabac auprès d’un public séduit, d’une part par des paroles dans lesquelles il se retrouve et d’autre part par le rythme entraînant de la musique. Leurs chansons étaient militantes et pourtant déjà prometteuses : «Ã‡iniya», «Ya bani insân», «Ahl el hal»… Progressivement, à cette époque de malaise ambiant, le groupe devient la voix des opprimés, des contestataires étudiants mais aussi d’une certaine intelligentsia de gauche. Ainsi, simplement, en créant des textes se rapportant à la société marocaine au travers du patrimoine national, textes «engagés» dépassant le cadre local, en ajoutant à cela de la musique entre le style «arûbi» de Boujmiî et le «gnâwi» d’Abderrahman Kirouj (dit Paco) avec des rythmes qui invitent à la transe salvatrice, on obtient des morceaux mystiques, tragiques et révoltés, qui ont fait toute la gloire du groupe.
Le succès du groupe a largement dépassé les frontières, notamment dans les pays du Maghreb. Néanmoins Dans les années 80, la chanson marocaine style ghiwane s’est enlisée. Après quelques décennies, le groupe continue d’être malgré les crises qui ont jalonné son parcours !

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *