Zouheir : « pas de véritable pratique théâtrale au Maroc »

Zouheir : « pas de véritable pratique théâtrale au Maroc »

Vous travaillez actuellement sur votre troisième pièce « Dar Lamane ». Quel est le fil conducteur de cette œuvre ?
« Dar Lamane » est inspirée de la pièce « La maison de Bernarda Alba » de l’auteur espagnol Federico Garcia Lorca. Cette pièce que j’ai traduite et mise en scène raconte en bref l’histoire d’une mère tyrannique Drissia. Celle-ci, après avoir perdu son époux, a décidé d’enfermer ses quatre filles entre les murs pour soi-disant les protéger des tentations masculines. Mais dans cet enfermement, il y a un petit vent de liberté qui souffle dans la maison. Ce souffle est incarné par la benjamine Zahia. Celle-ci va profiter de quelques moments de répit pour s’échapper des murs et se donner au fiancé de l’aînée, Ghalia. Vers la fin de la pièce, Zahia va se suicider lorsque ses proches découvrent qu’elle est enceinte. C’est une pièce sur le désir et qui montre comment on peut se défaire de la tyrannie de la mère. Finalement, ce que Drissia voulait éviter est arrivé et a eu une fin tragique.

Quels sont les acteurs principaux qui jouent dans cette pièce ?
La plu-part des rôles de cette pièce sont féminins. J’ai donc fait appel à des comédiennes issues pour la plupart de l’Institut supérieur des arts dramatiques (ISADAC) de Rabat. Parmi les comédiennes qui jouent dans
« Dar Lamane », il y a Nora Koraichi, Houda El Oufeir, Siham El Yasni, Imane El Reghaye ainsi que Badria.

En tant que jeune metteur en scène, quel regard portez-vous sur le théâtre marocain?
Si il y a quelque chose à reprocher au théâtre marocain, c’est l’absence d’une vraie pratique théâtrale. J’entends par là, que le théâtre ce n’est pas uniquement la mise en scène et l’interprétation. Cet art regroupe une bonne partie de métiers annexes comme, la scénographie, la décoration, la technique d’habillage. En gros, il existe prées de 37 métiers du théâtre, seulement, nous ne pratiquons même pas le tiers de ces métiers. Nous devons normalement avoir une connaissance de ces métiers. Cette absence de vraie pratique théâtrale fait qu’il n’existe pas de vrai théâtre au Maroc. Nous ne sommes pas bien équipés pour ça.

Certains hommes de théâtre de la génération de Tayeb Seddiki disent qu’il n’y a pas eu de véritable relève dans le théâtre marocain. Qu’en pensez-vous ?
C’est vrai que dans les années 50-60, il y avait un certain foisonnement d’idées créatives dans le théâtre. Il y a eu une effervescence qui était menée par les plus grands noms du théâtre marocain et qui faisaient partie de la troupe de la Maâmora. Cependant, je ne pense pas qu’il n’ y a pas eu de relève même si elle est réduite. Mais il faut savoir aussi que nous sommes un pays jeune et que par conséquent, l’histoire du théâtre n’a pas encore atteint sa complète maturité. Ça prendra du temps.

Avez –vous déjà tenté le one man show?
J’ai déjà réalisé un monodrame qui s’appelle Le journal d’un fou. La pièce a été traduite par Tayeb Seddiki, mise en scène et interprétée par moi-même. J’étais seul sur scène.  Mais pour ce qui est du one man show, j’en ai jamais fait car ça ne m’intéresse pas vraiment. Je pense que le one man show au Maroc est un simple phénomène de mode. Personnellement, je préfère le théâtre car c’est toute une équipe qui est derrière. L’aspect humain est très important. Mais ceci dit, je trouve que c’est bien qu’il y est des expériences de ce genre. L’essentiel dans toute forme de théâtre, c’est de ne pas ennuyer le spectateur. C’est la condition sine qua non pour la réussite d’une œuvre théâtrale. Il faudrait également que ces œuvres obéissent à un certain professionnalisme.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *