112 milliards DH rien que pour les salaires

112 milliards DH rien que pour les salaires

Le projet de loi de Finance 2019 prévoit 211 milliards DH pour les dépenses de fonctionnement

La programmation triennale du budget montre que les dépenses de fonctionnement vont atteindre à l’horizon 2021 pratiquement 222 milliards de dirhams. Une bonne partie va au paiement des salaires des fonctionnaires.

Les finances publiques vont mal et le train de vie de l’administration y est pour quelque chose. Dans le cadre du projet de loi de Finances (PLF2019), le ministère de l’Economie et des Finances s’attend à des dépenses de fonctionnement entre paiement des salaires et équipement de l’ordre de 211 milliards de dirhams. Problème, les recettes de l’Etat supportées principalement par les contribuables ne suivent pas le même rythme. Résultat: la quasi-totalité des recettes de l’Etat finance le train de vie quotidien de l’administration. Pire encore, la tutelle s’attend à un renchérissement des dépenses de fonctionnement jusqu’en 2021. En effet, la programmation triennale du budget montre que les dépenses de fonctionnement vont atteindre à l’horizon 2021 pratiquement 222 milliards de dirhams.

Une bonne partie va au paiement des salaires des fonctionnaires. Les charges du personnel devraient passer de 112 milliards de dirhams à plus de 115 milliards DH sans compter l’impact des résultats du dialogue social en cours avec les centrales syndicales. Reste à savoir comment le gouvernement pourra atteindre en 2021 l’objectif d’un déficit budgétaire de moins de 3%. Il faut préciser dans ce sens que l’Exécutif a été contraint de revoir ses prévisions concernant le déficit durant l’exercice en cours.

En effet, les responsables s’attendent à une aggravation du déficit budgétaire à 43 MMDH, soit 3,8% du PIB contre une prévision initiale de 33,4 MMDH (3% du PIB). Cette aggravation du déficit serait ainsi due à plusieurs facteurs, notamment la baisse de 3 MMDH des recettes fiscales, en raison du repli de l’IS (2,9 MMDH).

Il est également question de la baisse des recettes non fiscales à cause notamment du retrait à 4,8 MMDH des dons devant être mobilisés auprès du CCG (Conseil de coopération du Golfe), contre une prévision initiale de 7 MMDH sans compter la hausse de 2,4 MMDH des émissions au titre des dépenses d’investissement. Cette situation arrive à un moment où l’Etat compte accorder plus d’intérêt aux programmes sociaux dès 2019. Pour rappel, la note de cadrage de l’élaboration de la loi de Finances avait fixé quatre axes, à savoir la priorisation des politiques sociales et des programmes de protection sociale, l’accélération du processus du dialogue social et l’appui du pouvoir d’achat des citoyens, la poursuite des grands chantiers et des stratégies sectorielles en vue de garantir les conditions de décollage économique et le soutien à l’investissement et à l’entrepreneuriat, outre la poursuite des grandes réformes.

Concrètement, le gouvernement compte à partir de l’année 2019 remédier aux dysfonctionnements enregistrés lors de la mise en œuvre du programme d’assistance médicale Ramed, tout en revoyant drastiquement le système national de la santé à travers la mise en œuvre du plan de santé 2025. Un intérêt particulier sera également accordé au secteur de l’éducation.

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