200 produits du terroir potentiels identifiés au Maroc

200 produits du terroir potentiels identifiés au Maroc

ALM : Quelle place occupent les produits du terroir au sein de la stratégie nationale de développement?
 

Bendriss Khadija : Pour le développement des produits du terroir, il y a toute une stratégie mise en place.  Le Maroc a des potentialités énormes. Un écosystème diversifié fait que ces produits soient sur toutes les régions du Royaume. Lors d’une étude, nous avons identifié plus de 200 produits potentiels au niveau national. Ce développement est pour nous un outil de développement rural qui améliorera les revenus des petits agriculteurs. Cela s’inscrit dans le cadre du pilier II du Plan Maroc Vert, relatif à l’agriculture solidaire.

Comment organiser et protéger une activité aussi éparpillée que celle des petits agriculteurs ?

Il est vrai que les petits producteurs ne sont pas organisés. Chacun travaille dans son coin. Nous avons donc essayé d’abord de les regrouper au sein d’une coopérative, une association de producteurs ou même un groupement d’intérêt économique qui regroupe certaines coopératives déjà existantes.
Dans ce sens il y a lieu d’évoquer la loi 25-06 relative aux signes distinctifs d’origine et de qualité. Publiée depuis 2008, elle a été mise en œuvre en 2009. Parmi les premiers produits du terroir ayant été labellisés nous trouvons l’argan. C’est un produit endémique et unique au niveau international. Plusieurs coopératives féminines y travaillent, c’est pour cela que nous avons essayé de protéger ce produit au niveau national et nous comptons le faire à l’international.

Où en sommes-nous dans cette opération de labellisation ?

Aujourd’hui, hors argan, 28 autres produits sont labellisés : 23 indications géographiques protégées, 5 appellations d’origine et un seul label agricole.  
Cette procédure de labellisation est une reconnaissance mais après cela, vient la phase de production et de certification. Cette certification se fait sur la base d’un contrôle effectué par l’organisme de certification et de contrôle. Agréé par le département de l’agriculture conformément à la loi 25-06, cet organisme suit de près le producteur sur tout le processus, afin de s’assurer du respect des prescriptions du cahier des charges de sa labellisation.
Une fois certifié, le producteur a le droit d’apposer le logo de son signe de qualité sur son produit. Ce logo lui donne ainsi une garantie officielle de sa qualité spécifique et lui sert d’outil de promotion et de commercialisation.
 

Pour parler chiffres, combien nous rapportent ces produits ?

Dans le cadre de cette stratégie de soutien et de commercialisation de l’agriculture solidaire. Nous lançons des campagnes de promotion institutionnelle et aussi auprès des grandes et moyennes surfaces (GMS). Nous y avons référencié à aujourd’hui plus de 200 produits. Il faut dire que ce référencement joue énormément dans l’amélioration des revenus et chiffres d’affaires des agriculteurs. Dans ce sens, nous sommes passés de 2 millions DH à 6 millions de dirhams en 2014. Notre objectif est d’atteindre 14 millions de dirhams pour l’ensemble des produits.

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