3 questions à Jean-Pierre Loubinoux : Directeur général de l’Union internationale des chemins de fer (UIC)

3 questions à Jean-Pierre Loubinoux : Directeur général de l’Union internationale des chemins de fer (UIC)

ALM : Que représente pour vous le cinquantenaire de l’ONCF ?

Jean-Pierre Loubinoux : Un anniversaire comme celui que nous fêtons aujourd’hui au Maroc est pour nous tous une source de fierté. C’est l’occasion de rendre hommage, ensemble, au génie, à la créativité, à la hardiesse et au courage de tous les pionniers qui, il y a 180 ans, il y a 100 ans ou 50 ans, ont mis au point et développé un nouveau mode de transport, innovant, performant, souvent au prix de prouesses techniques et humaines spectaculaires, et ouvert des perspectives considérables au développement économique et social des pays. J’ai noté que l’expérience marocaine a pris une longueur d’avance sur le reste du continent, car le Royaume a eu une prise de conscience précoce du fait que la croissance et le développement passent par le renforcement des réseaux d’infrastructures performants.

Comment situez-vous le Maroc en matière de transport ferroviaire sur l’échelle de l’Afrique ?

D’abord c’était un grand honneur et un plaisir sincère d’être associés à la célébration de ce double anniversaire, celui du Centenaire de la pose des premiers rails au Maroc et du Cinquantenaire de la création de l’Office national des chemins de fer, (ONCF). Le transport ferroviaire en Afrique et particuliérement au Maroc reste relativement peu développé comparativement aux autres continents. Le Maroc ne cesse de développer son réseau ferroviaire, en surclassant d’autres pays africains qui ont des problèmes liés à l’instabilité politique, car le développement des infrastructures ferroviaires nécessite la stabilité.

Le Maroc se dote du premier Train à grande vitesse d’Afrique et du monde arabe, un commentaire ?

Il s’agit d’un choix extrêmement ambitieux et audacieux. Ce projet s’inscrit dans une vision globale de développement du rail pour lui permettre de jouer un rôle économique, notamment à deux niveaux : la mobilité des biens et personnes ainsi que l’ouverture du pays sur l’étranger. Je tiens à vous signaler qu’il faut célébrer le cinquantenaire de la grande vitesse inaugurée au Japon avec le Shinkansen, qui est un autre anniversaire important pour la famille ferroviaire internationale pendant cette année 2014 puis en Europe avec le TGV il y a 33 ans, un des symboles de cette renaissance. Les chemins de fer du Maroc participent de cette même dynamique universelle, en étant le premier réseau à introduire la grande vitesse et ses nouvelles technologies sur le continent africain, ouvrant la voie à une nouvelle ère du ferroviaire pour l’Afrique.

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