69% de bancarisés en 2016: Combien dans le rural ?

69% de bancarisés en 2016: Combien dans le rural ?

Près de 24 millions de comptes bancaires ont été ouverts au Maroc en 2016. Ce chiffre illustre le saut quantitatif qu’a connu le paysage bancaire au titre de cette dernière décennie.

On note, dans ce sens, 16,7 millions de comptes additionnels par rapport à 2006, année durant laquelle Bank Al Maghrib avait relevé l’ouverture de 7,3 millions de comptes. Ces ouvertures en net accroissement sont venues consolider le taux de bancarisation au niveau national. Ce dernier s’est établi à 69% à fin 2016 contre 24% il y a dix ans.
Certes, la bancarisation gagne en proportion mais des disparités restent toutefois à relever. La différenciation spatiale en est pour quelque chose. Si la population urbaine est bien desservie sur le plan bancaire, le rural pour sa part s’affirme doucement mais sûrement dans cette sphère.
En l’absence d’éléments précis relatifs au taux de bancarisation en milieu rural, Hiba Zahoui, responsable de la supervision bancaire au sein de la banque centrale, a prononcé, en marge de la présentation de la 13ème édition du rapport annuel de la supervision bancaire, un chiffre quand même significatif. D’après Mme Zahoui, le taux de bancarisation en milieu rural oscille entre 10 et 20%. La dernière décennie a été également marquée par l’extension du réseau bancaire. Pour accompagner l’élan d’inclusion financière enclanché au niveau national, les banques marocaines ont renforcé leur présence en ouvrant environ 3.783 nouvelles agences entre 2006 et 2016.

Implantation bancaire : Le top 3 régional

1- Casablanca-Settat : 29,3% des guichets, environ 40% des dépôts et plus de 64% des crédits.

2- Rabat-Salé-Kenitra : près de 15% des
guichets, 17% des dépôts et plus de 16%
des crédits.

3- Fès-Meknès : 11% des guichets, plus de 8% des dépôts et environ 5% des crédits.

Ainsi, le parc d’agences bancaires a atteint à fin 2016, 6283 agences contre à peu près 2.500 agences en 2006. Cette hausse est tirée d’une part par l’agrément de la banque postale et l’accroissement du réseau des autres banques commerciales. Pour sa part, le réseau de guichet bancaire a affiché sur les dix dernières années un rythme de progression élevé passant ainsi de 389 guichets en 2006 à 6.820 à fin 2016.

L’évaluation par densité bancaire démontre que le nombre de guichets par 10.000 habitants a presque doublé passant ainsi de 1 guichet en début de la décennie 2000 à 2 guichets en 2016 et une couverture de 9,6 guichets pour 1000 km2, contre 9,2 guichets. Notons que dans une optique de digitalisation du secteur, les banques ont développé de nouveaux canaux de distributions à la fois innovants et à faibles coûts. Ce qui explique le ralentissement du rythme de progression des guichets bancaires au cours des trois dernières années.

En 2016, la banque centrale recense l’ouverture de 144 guichets contre une moyenne de 290 guichets entre 2005 et 2015. Quant à l’usage des bancaires, il a poursuivi sa progression amorcée depuis quelques années. Bank Al Maghrib affirme à ce propos que 12,9 millions de cartes ont été émises à fin 2016. 87% d’entre elles sont utilisés pour le retrait.

Médiation bancaire

 Dispositif institutionnel : 22 millions DH de litiges en 2016

Le recours au Centre marocain de médiation bancaire est de plus en plus fréquent. Le médiateur a dû trancher en 2016 dans 829 dossiers institutionnels contre 590 dossiers en 2015. Ces saisines portent sur un montant de litiges de 22 millions de dirhams et pour un montant total des accords transactionnels de plus de 8 millions de dirhams. «Sur ce total, près de 298 ont été considérés, par le médiateur, complets et recevables, contre 216 dossiers en 2015.

Sur le nombre total de dossiers complets et recevables, 166 dossiers ont été résolus avec succès, 62 dossiers n’ont pas fait l’objet de conciliation et 70 dossiers sont toujours en cours de traitement», peut-on relever du rapport sur la supervision bancaire. 37% des litiges reçus concernent la clôture des comptes, au moment où les contestations des écritures comptables représentent 29%. La part du recouvrement des créances relatives aux cas sociaux représentent 11% du total des dossiers reçu, contre 6% pour la délivrance de documents, à savoir les attestations, les mainlevées. Les demandes de médiation bancaire sont principalement déposées par des clients personnes physiques (91%) et concernent à 87% les banques et 13% les sociétés de financement. S’agissant du dispositif «conventionnel», un dossier sur cinq reçus, a été résolu avec succès. Il a fait l’objet de la signature d’un protocole transactionnel par les parties. Il porte sur un montant global de 23 millions de dirhams.

78% des réclamations clôturées en faveur des plaignants contre 70% en 2015

Les Casablancais sont les premiers à plaindre leurs établissements de crédits. La répartition régionale des doléances reçues dans ce sens en 2016 démontre que la majorité des plaignants est basée à Casablanca. La direction de la supervision bancaire a procédé durant 2016 au traitement de 547 réclamations de la clientèle des établissements de crédits. Les dossiers reçus se sont inscrits en hausse de 7% par rapport à 2015. Elle a par ailleurs traité 321 demandes de recherche de comptes émanant des héritiers des personnes décédées. La direction a par ailleurs assuré le traitement de 367 demandes de communication des comptes émanant des autorités judiciaires, contre 212 en 2015, soit une progression de 73%. S’agissant des demandes de tiers, leur nombre a connu une hausse de 18% pour s’établir à fin 2016 autour de 1.235 demandes.

La direction de la supervision bancaire a indiqué dans son rapport que plus de 96% des réclamations lui ont été parvenues de la clientèle des personnes physiques et 81% concernent des relations avec les banques. De même, 78% des réclamations ont été clôturées en faveur des plaignants, contre 70% en 2015. S’agissant des réclamations portant sur le fonctionnement de comptes, la direction de la supervision bancaire confirme qu’elles ont vu leur part baisser à 36% du total, dont 57% concernant la clôture de comptes. Celles portant sur les conditions de crédit ont représenté 31% des réclamations reçues. Elles sont liées aux contestations de crédits, au prélèvement à tort d’échéances, de commissions ou d’agios ainsi qu’aux informations personnelles portées sur le fichier du crédit bureau. Quant aux  doléances relatives aux moyens de paiement, elles  représentent 16% des réclamations reçues, dont 27% portent sur l’utilisation des chèques. Rappelons que la banque centrale est en phase de développement d’une plateforme informatique accessible aux établissements de crédits en vue de fluidifier l’instruction des réclamations de leur clientèle déposées auprès de Bank Al-Maghrib.

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