7ème conférence annuelle qui lui est dédiée dans la région Mena : Faire de l’évaluation toute une culture

7ème conférence annuelle qui lui est dédiée dans la région Mena : Faire de l’évaluation toute une culture

L’évaluation doit être une culture garnie de dispositifs. Le message a été véhiculé, mercredi, par les participants à la 7ème conférence annuelle de l’évaluation dans la région Mena qui se poursuit jusqu’au 30 novembre à Rabat.

Un événement initié par l’Association marocaine de l’évaluation (AME) et le réseau Middle East and North Africa Evaluators Network (EvalMENA).

Une stratégie nationale

Lors de cette rencontre, le président de l’AME, Rachid Chriqi, a plaidé pour le lancement d’une «stratégie nationale de l’évaluation dotée d’un dispositif multi-niveaux impliquant les institutions tout en allant vers une professionnalisation de l’évaluation». Il saisit son passage pour indiquer que la structure qu’il chapeaute a déjà proposé un design pour les dispositifs de l’évaluation au Maroc. «Le processus de l’institutionnalisation est à ses débuts», enchaîne le président de l’association qui célèbre une décennie de son existence. Il rappelle que cette structure est la première association arabe fidèle aux missions d’institutionnalisation de l’évaluation au Maroc et de la culture de celle-ci.

Des systèmes et ressources pour l’évaluation

Dans le monde arabe, l’évaluation est fort désirée de par les souffrances que connaît la région vu les crises économiques. Mohamed Qaryouti, président du réseau EvalMENA, abonde dans ce sens. Pour lui, «la recherche sur l’évaluation a un intérêt pour les ressources de ces pays». Egalement partenaire à l’événement, l’Unicef vante, à travers Robert Stryk, directeur de l’évaluation au bureau régional de cette organisation, sa politique d’évaluation. «Nous pouvons voir comment travailler dans ce sens», avance-t-il en rappelant que cette stratégie de l’Unicef est promulguée depuis juin dernier. De son côté, Marco Segone, directeur du bureau de l’évaluation au FNUAP (Fonds des Nations Unies pour la population) en tant que partenaire à la rencontre, rappelle l’agenda 2030 du développement durable qui appelle au suivi transparent des politiques nationales. «Sur les 111 pays qui procèdent à l’évaluation, peu informent sur cette démarche», détaille-t-il. Déjà, l’évaluation en elle-même n’est pas suffisante à son sens. «Il faut des systèmes, des ressources humaines et des financements», ajoute-t-il. L’intervenant met également l’accent sur l’apport que devraient avoir les parlementaires en évaluation.

Regards du sexe féminin

Le sexe féminin n’est pas en reste. Pour sa part, Mouna Slim, représentante de l’ONU Femmes, indique que cette organisation, qui travaille avec EvalMENA depuis 2014, appuie l’implication des parlementaires et des représentants des ministères aux programmes d’évaluation. Dans ce travail la lumière est faite sur l’égalité des genres, ainsi que l’évaluation de celle-ci. «L’évaluation de l’égalité des genres est essentielle pour le progrès de celle-ci», enchaîne-t-elle. Pour sa part, Dina Melhem, directrice de l’organisation Westminster pour la démocratie dans la région MENA-Asie, a fait allusion à la pression à exercer sur les gouvernements pour l’efficacité des politiques publiques. Pour elle, «l’évaluation consiste en la manière d’utiliser les résultats de celle-ci pour prendre des décisions, notamment en termes de dépenses». Elle rappelle également l’appui de son organisation pour le Parlement marocain pour la détermination de mécanismes de l’évaluation afin d’en faire une culture.

L’avis d’un expert

Egalement de la partie, l’expert Ian Davies indique que les choix des approches et méthodologies en évaluation sont basées sur des valeurs. «Nous devons reconsidérer notre travail», propose-t-il en s’adressant aux évaluateurs participants. Il s’agit, selon ses dires, de repenser le mode d’évaluation, le recadrer et le réévaluer afin que l’évaluateur joue son rôle. 

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