À la rescousse de la PME

À la rescousse de la PME

Alors que depuis 1999, avec l’attribution de la seconde licence GSM, et les différentes opérations de privatisation, les banques croulent sur les liquidités, les entreprises, elles, peinent encore à accéder au crédit. Une exception marocaine qui survit encore malgré toutes les initiatives pour en venir bout. Ainsi, à la fin de 2004, seule une infime fraction des dépôts bancaires (environ 10% selon les statistiques) profite à l’économie.
Pourtant, la masse monétaire a progressé de 5,3% en un an. Cette évolution s’est traduite par l’augmentation des ressources bancaires d’environ 26 milliards de dirhams, souligne l’analyse de BMCE-Market dans sa rétrospective sur la situation du marché monétaire et obligataire de l’année qui vient de finir. Si elle oblige Bank Al-Maghrib à procéder à des ajustements et à améliorer sa politique de régulation monétaire, la surliquidité est loin de profiter aux jeunes entrepreneurs. Situation qui semble préoccuper Rachid Talbi Alami, ministre délégué chargé des Affaires économiques et générales.
En effet, le ministre délégué chargé des Affaires économiques et générales a déclaré sur les ondes de la TVM, le mercredi 19 janvier 2005, que son gouvernement avait mis en place un groupe de travail chargé d’examiner la situation des jeunes entrepreneurs faisant face à des problèmes financiers. Il s’agit, précise le ministre, de trouver des solutions pour garantir la survie des entreprises en difficulté afin qu’elles puissent créer des emplois et contribuer au développement du pays. Ce faisant, le ministère des Affaires économiques veut éviter à tout prix que le redressement judiciaire ne soit synonyme de faillite. Pour expliquer leur frilosité vis-à-vis des jeunes entreprises, les banques invoquent toujours le risque. Celui-ci semble moins élevé qu’il y a quelques années, grâce notamment aux changements intervenus dans le cadre juridique du financement des entreprises. Ce qui n’a pas amorti la chute du montant des crédits alloués aux PME-PMI par les banques.
D’après le rapport d’évaluation du financement de la PME réalisé il y a quelques mois par la Direction de la Politique économique et générale, entre 1996 et 2002, les crédits destinés aux PME ont reculé de 22%. Sur cette période, objet de l’étude, les crédits jeunes promoteurs ont régressé de 679 millions à 77 millions de dirhams. Les jeunes entrepreneurs ne sont pas mieux lotis avec 14 millions de dirhams à titre de crédits, contre 70 millions. C’est dire la tâche qui attend Rachid Talbi Alami, décidé à ne ménager aucun effort pour éviter à ces entreprises la faillite et les poursuites judiciaires. Une chose est pour le moins sûre, aux yeux du ministre: les accords de libre-échange ne sont pas un obstacle à l’épanouissement des entreprises. L’installation des grandes entreprises au Maroc ne devra pas, estime-t-il, porter préjudice à la production nationale.
Autre précision apportée par le ministre, la réforme du régime de compensation. Premiers visés, les produits subventionnés et qui ne profitent pas aux citoyens. Simple injonction pour le moment, le ministre n’ayant pas encore précisé comment cette vision se concrétiserait sur le terrain. En attendant que ces initiatives se concrétisent, les jeunes entrepreneurs et les PME en général doivent faire face à un autre problème : les chèques impayés évalués à l’équivalent de 25 milliards de dirhams en 2003, d’après les statistiques de Bank Al Maghrib.
Cette somme (25 milliards) correspond au tiers du montant de l’argent non utilisé qui dort actuellement dans les banques marocaines. C’est aussi un peu plus de la moitié des 42 milliards d’impayés des entreprises vis-à-vis des banques. Pour accéder au financement, les entreprises auront aussi besoin des taux d’intérêt raisonnables, puisque tout compte fait, dixit l’humoriste français Patrick Sebastien, «ce n’est pas la peine d’acheter un nouveau matelas si le crédit que vous avez pris pour le payer vous empêche de dormir».

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