À nous les marchés de l’argent !

Les entreprises nationales découvrent les vertus du marché monétaire. De plus en plus de sociétés lancent des emprunts obligataires, profitant des conditions actuelles favorables sur ce marché : des taux d’intérêts bas et des liquidités abondantes.
Quelques stars de la bourse casablancaise, habituées aux marchés de l’argent, mais aussi de jeunes pousses ont émis des emprunts obligataires pour des montants allant de 50 à 500 millions de DH. La baisse des taux fait que le coût des liquidités à lever devient très compétitif par rapport aux taux des crédits bancaires.
Pendant longtemps, les entreprises hésitaient entre se lancer sur ces nouveaux marchés de l’argent ou emprunter directement auprès de leurs banquiers. La baisse continuelle des taux sur le marché monétaire et la morosité ambiante sur celui des actions ont plus que favorisé et justifié cette nouvelle manière de financer des projets d’investissements et de rembourser les dettes de financements qui pèsent lourdement sur la rentabilité des sociétés. La bourse, on le sait, ne peut plus répondre à cette dynamique qu’est la levée de fonds à long-terme, tellement les investisseurs sont méfiants de toute nouvelle opération boursière, que ce soit une introduction en bourse ou une augmentation de capital. Mais, emprunter sur le marché n’est pas chose aisée.
Il faut s’afficher en tant qu’une entreprise plus que performante, avec des programmes d’investissements dont la rentabilité est plus que sûre. Puisque, si les banques ont de plus en plus tendance à exiger des garanties réelles pour accorder des crédits d’investissements, la seule garantie sur le marché est, dit-on, la notoriété de l’entreprise, sa capacité à générer des profits et à honorer ses engagements. Ces paramètres font l’objet d’une appréciation de l’arrangeur de l’opération, qui prépare une note d’information.
Celle-ci est visée par le CDVM. Ce visa du gendarme du marché ne garantit pas la véracité des informations, mais seulement leur présentation, qui doit répondre à un modèle type prévu par la réglementation en vigueur. Ceci pose un vieux problème, celui de la capacité réelle d’une entreprise à honorer ses engagements. L’arrangeur, on le sait, est un intermédiaire dont on loue les services. Il est tenu de satisfaire les ambitions du client.
Il est vrai que peu de programmes d’émission obligataire initiés dans le passé par des entreprises, présentés à l’époque comme des stars, ont nécessité l’intervention de leurs actionnaires pour payer les coupons ou rembourser même les titres. Sans ses interventions, les porteurs de ces obligations auraient pu ne pas être remboursés, puisque le produit de la vente des dites sociétés n’auraient pas suffit. La prudence est de mise. Il est des sociétés qui ne dépendent que d’un seul marché, d’un seul contrat d’affaires pour dégager des bénéfices.

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