Abattage de la volaille : Ce que recommandent les professionnels

Abattage de la volaille : Ce que recommandent les professionnels

La Fisa et l’Anavi appellent à une réforme de l’aval de l’aviculture

Trois axes à revoir : la sensibilisation des consommateurs et acteurs de la restauration collective, la réforme et le suivi.

Bien que le secteur de l’aviculture ait connu de grandes mutations en amont, son aval reste toujours peu structuré. Avec 10 milliards DH d’investissement, 350.000 emplois directs et indirects et une couverture globale des besoins en viandes de la volaille, l’aviculture se veut un secteur compétitif. Toutefois de grandes failles persistent, notamment en termes de commercialisation et d’abattage. Ces deux segments demeurent, selon les opérateurs, les points à pallier d’urgence. C’est autour de cette problématique que la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole au Maroc (Fisa) et l’Association nationale des abattoirs industriels avicoles (Anavi) ont tenu un séminaire  jeudi 22 décembre 2016 à Casablanca.

Le but étant de sensibiliser les différents acteurs du secteur à la mise à niveau de l’abattage des volailles ainsi que de dresser les perspectives du secteur. «Nous observons que le produit se dégrade au fur et à mesure qu’on s’approche du consommateur. Et pour cause : la prédominance d’un circuit non agréé et non contrôlé tel que les grosses tueries ou les tueries traditionnelles des quartiers qui servent aussi bien les ménages que la restauration collective», a expliqué Omar Benayachi, président de l’Anavi. En présentant la synthèse d’une étude réalisée par le cabinet Mazars Maroc, M. Benayachi a indiqué que «près de 92% de l’abattage de poulet échappe à tout contrôle, soit 15.000 tueries». Et d’ajouter que «n’étant accompagnée d’aucun document, il est impossible de garantir une traçabilité lors de la vente de la volaille». S’agissant de la défaillance du système de contrôle, le président de l’Anavi a indiqué que les autorités compétentes, en l’occurrence l’ONSSA, ont du mal à mettre fin à cette pratique d’abattage. Selon M. Benayachi, les autorisations communales se font sans l’aval des autorités sanitaires.

Une réforme s’impose

Certes, l’amont de la filière avicole est bien structuré. Les investissements du secteur ont généré en 2014 un chiffre d’affaires de 29,8 milliards de dirhams. De même, le corpus législatif est respecté en amont sans aucune application en aval.

C’est dans ce sens que la Fisa et l’Anavi en partenariat avec l’ONSSA appellent à une réforme urgente de l’abattage de la volaille.  Ce processus  s’articulerait autour de trois axes, à savoir la sensibilisation des consommateurs et acteurs de la restauration collective, la réforme et le suivi. Se référant aux professionnels, la phase de réforme devrait s’étaler sur une durée de 3 ans. Deux scénarios sont envisageables, à savoir la reconversion des tueries de quartier en abattoirs de proximité ou la reconversion des tueries  de quartier en points de vente. La phase de suivi portera pour sa part sur le contrôle de la provenance de la volaille, le contrôle de la chaîne de froid ainsi que du contrôle du respect des exigences sanitaires, hygiéniques et d’équipements. Pour ce faire, les professionnels nationaux veulent s’inspirer des modèles tunisien et turc. En Tunisie, la réforme engagée portait sur l’interdiction de la vente de la volaille vivante et de créer un système de traçabilité le long de la chaîne. Ceci a permis à un grand nombre de grossistes de poulet vif de se convertir en s’équipant de camions réfrigérés. De même, plusieurs tueries ont été reconverties en points de vente de poulet abattu. Il en est de même pour la Turquie. Grâce à la réforme engagée en 1990, la Turquie est devenue le 5ème plus grand exportateur de la volaille dans le monde.

Les résultats attendus

La réforme recommandée par les professionnels marocains aura des retombées aussi bien sur la santé du consommateur que sur l’économie nationale. Elle constituerait un meilleur atour pour le Maroc afin d’investir de nouveaux marchés à l’export. Ainsi, la  production serait planifiée entre les éleveurs et les abattoirs permettant une prestation d’élevage de qualité. Le contrôle de l’ONSSA sera plus opérant. La réforme garantirait une amélioration de la traçabilité ainsi qu’un développement des abattoirs avicoles agréés. Les professionnels aspirent également à la labellisation de la viande de volaille «Volaille du Maroc». La réforme contribuerait également à la création de plates-formes de froid conformes aux standards internationaux et par conséquent un bon développement de ce maillon industriel.

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