Abdelkrim Azenfar: «De grandes unions locales et africaines en perspective»

Abdelkrim Azenfar: «De grandes unions locales  et africaines en perspective»

Entretien avec Abdelkrim Azenfar, directeur de l’ODCO

ALM : Comment évaluez-vous la dynamique des coopératives au Maroc ?

Abdelkrim Azenfar : Le secteur est en dynamisme constant. Il est utile de souligner que les premières coopératives ont vu le jour à l’époque du protectorat. Des années 20 à 2005, le Maroc comptait moins de 5.000 coopératives. Une effervescence a été observée entre 2005 et 2015. En 10 ans, le  nombre de coopératives a triplé passant de 5.000 coopératives en 2005 à 15.000 en 2015^. Cette dynamique est tirée par les programmes gouvernementaux qui ont fait de ces initiatives volontaires un partenaire de choix, notamment au niveau agricole ou artisanal. C’est cet intérêt qui différencie l’expérience marocaine des autres.

Le secteur a connu une grande mutation. Quel impact a-t-elle eu sur le volet activité ? 

En effet, les coopératives ont modernisé leurs activités. Nous observons aujourd’hui une ouverture sur l’ensemble de l’activité humaine qui est l’essence même de la coopérative. Même si sur le plan des statistiques, les secteurs de l’agriculture, de l’artisanat et du commerce sont prédominants, d’autres types de coopératives ont réussi à se creuser une place dans l’économie solidaire. Citons à titre d’exemple une coopérative à Rabat qui œuvre actuellement dans le tri des déchets ménagers. Une activité qui a un impact considérable aussi bien sur le plan social qu’environnemental. C’est une initiative modèle qui fait vivre plus de 140 familles issues des milieux défavorisés et dont les membres travaillaient  dans «l’extrême» informel. Au niveau de la région Casablanca-Settat, je pourrais illustrer par l’initiative  des  vélos baladeurs qui a vu le jour dans l’ancienne médina de Casablanca. D’autres coopératives innovantes sont éparpillées sur l’ensemble du Royaume opérant dans de nouveaux domaines tels que la scolarisation.

Comment se décline le plan d’action de l’ODCO au titre de l’année 2017 ?

Notre plan d’action a été validé lors du conseil d’administration tenu en décembre dernier. En plus de l’application de la nouvelle loi, l’ODCO s’ouvrira sur l’international. Nous porterons notre contribution au renforcement de la coopération Sud-Sud, et ce à travers la concrétisation de mémorandums d’entente qui ont été signés lors des visites royales, par Fatima Marouane, ministre de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire, et ses homologues africains, notamment du Gabon et du Sénégal.

Nous capitalisons sur notre expérience modèle pour partager notre savoir-faire avec les pays voisins. Sur le plan local, un effort  est à faire au niveau de la structuration du système marocain. Nous ambitionnons d’avoir de grandes unions, en l’occurrence des fédérations de coopératives et des représentations régionales pour constituer une véritable force de proposition au niveau de l’économie locale.

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