Abderrahman Rifai: «Nous avons misé sur l’Afrique parce que nos professionnels peuvent vendre leur expertise»

Abderrahman Rifai: «Nous avons misé sur l’Afrique parce que nos professionnels peuvent vendre leur expertise»

ALM : Quel bilan faites-vous de cette édition du Salon international professionnel de la filière des fruits et légumes (SIFEL) qui s’est tenue du 3 au 6 décembre 2015 à Agadir ?
 

Abderrahman Rifai : Nous pouvons nous réjouir de l’atteinte de pas mal des objectifs tracés lors de cette édition. Nous sommes dans une nouvelle vision stratégique pour ce salon. Le SIFEL s’est essoufflé ces dernières années et il est normal pour un salon d’arriver à ce stade quand il ne se renouvelle pas et reste statiquement dans ses programmes et dans sa conception globale. De ce constat est venue l’idée de travailler sur une nouvelle vision pour cette édition et les éditions à venir. Nous avons fixé, dans ce sens, trois axes stratégiques. Le premier est relatif à l’implication des professionnels dans le processus de programmation et d’organisation du salon. Le deuxième axe a été un travail à l’international fait avec des agences pour communiquer sur le salon afin de le vendre. Le troisième axe concerne l’implication des autorités locales et du ministère de l’agriculture pour pouvoir ramener le salon à un niveau qui lui permet d’être sur l’agenda. Cette année nous en sommes à 250 participants. Ce qui est une grande amélioration par rapport à l’édition précédente, et ce, sans compter les coopératives qui ont également exposé gratuitement dans le salon. Nous avons eu plus de 12.000 visiteurs professionnels et une moyenne d’inscription de visite qui a été de l’ordre de 3.000 personnes par jour. Sur le volet scientifique nous avons du manque à gagner. Nous avons réussi quatre conférences et rencontres et le reste n’a pas eu lieu à cause d’un problème d’assistance.

Le comité d’organisation parle d’un changement de date du SIFEL. Pourquoi ce changement et dans quel objectif ?

Le changement de date est un point discuté dans le comité de pilotage formé par des professionnels. Il est d’ailleurs à signaler que le comité de pilotage de cette édition n’est composé que des professionnels de ce secteur. Ces derniers ont suggéré le changement de la date du SIFEL parce qu’à cette époque de l’année tous les contrats sont signés et les professionnels se concentrent sur la production et l’exportation. La date proposée est le début de campagne (fin octobre-début de septembre). Ce qui nous permettra de recevoir plus de visiteurs-acheteurs et de drainer plus de participations. De ce fait, les groupes exportateurs peuvent être là parce qu’ils peuvent recevoir les acheteurs et négocier les contrats.

Au-delà des marchés classiques vous avez reçu une délégation composée de plusieurs pays de l’Afrique, croyez-vous qu’il y a une niche à développer dans ce sens ?

Les marchés classiques pour le Maroc sont les pays de l’Europe et la Russie mais nous avons aujourd’hui une niche à développer au niveau des pays de l’Afrique. Nous avons constaté lors de ces dernières années que nous avons des consommateurs dans les pays de l’Afrique. La clémentine marocaine s’écoule très bien sur le marché sénégalais, la tomate aussi. Nous pouvons travailler sur ce positionnement. Par ailleurs, nous avons misé sur l’Afrique parce que nos professionnels peuvent vendre leur expertise et savoir technologique. Ils sont demandeurs dans ce sens.
 
Est-ce une étape de divorce qui se prépare entre l’IEC (ndlr: International Exhibitions & Conferences Maroc) et les professionnels ?

Ce débat est classique et ressort lors de chaque édition. Le Maroc a besoin d’un salon spécialisé. Ce qui doit être fait est la reconduite du salon vers un meilleur positionnement. Il y a un effort à fournir de la part de l’IEC qui est organisateur et détenteur de la marque SIFEL pour permettre l’implication effective des professionnels dans l’organisation. Et c’est ce qui a été fait lors de cette édition. Le programme scientifique a été mis en place par les professionnels et les visites programmées. L’IEC est organisateur de ce salon depuis son lancement et il le restera mais il faut aller de l’avant en coopération directe avec les professionnels.

On parle aujourd’hui d’un essoufflement du SIFEL pour laisser place au SIAM. Qu’en pensez-vous ?

Le SIAM est un salon qui concerne toute l’agriculture du Maroc et toutes les filières. Ce salon est là pour vendre l’image de l’agriculture marocaine. Il réunit les opérateurs marocains et internationaux autour de visions stratégiques concernant l’agriculture marocaine. Le SIFEL est un salon professionnel B2B. C’est un salon de vente de matériel et de produits. C’est un salon pour rencontrer des acheteurs et faire du business et ce n’est guère un salon de la communication institutionnelle. Les salons spécialisés et thématiques ont également leur importance. Le SIAM et le SIFEL se complètent et nous pouvons développer plusieurs autres pour les différentes filières comme cela se fait ailleurs.

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