Abdessamad Issami : «L’inclusion financière via la finance participative s’opère»

Abdessamad Issami : «L’inclusion financière via la finance participative s’opère»

Abdessamad Issami, président du directoire de Umnia Bank

Pratiquement toutes les banques participatives qui ont été créées comptent des partenaires étrangers dans leur tour de table. Il y a eu une injection qui doit tourner aux alentours de 60 à 80 millions de dollars dans le paysage financier marocain ayant comme source ces partenaires étrangers.

ALM : Est-ce que le marché, depuis le lancement effectif de vos opérations a évolué conformément à vos attentes ?

Abdessamad Issami : Il est rare que tous les business plans élaborés avant une activité se concrétisent rapidement. Mais il y a des acquis très importants pour toute la place. Je citerais d’abord l’apport du capital étranger au Maroc. Pratiquement toutes les banques participatives qui ont été créées comptent des partenaires étrangers dans leur tour de table. Il y a eu une injection qui doit tourner aux alentours de 60 à 80 millions de dollars dans le paysage financier marocain ayant comme source ces partenaires étrangers. C’est un impact économique très important. Le  deuxième apport qui est à mon sens très louable est le fait que nous avons construit une nouvelle industrie. Quand je dis une nouvelle industrie cela suppose un certain nombre de points.  Je commencerais, tout d’abord, par les ressources humaines. L’industrie de la finance participative a dû recruter sur ses deux premières années plus de 500 personnes tous opérateurs confondus.  Il fallait par conséquent mettre en place des infrastructures pour doter ces ressources de moyens nécessaires pour aller affronter le marché (master, certificats, etc.).  En parallèle, il a fallu  vulgariser cette industrie auprès des différentes tranches de la population pour qu’elles sachent de quoi on parle. Donc chaque opérateur a développé des argumentaires appropriés et les a déployés dans les différents canaux classiques ou virtuels pour pouvoir expliquer cette finance.

La finance participative a-t-elle répondu à cet objectif d’inclusion financière?

Ce dont parlait le gouverneur de la banque centrale est une réalité. L’inclusion financière d’une partie des citoyens s’opère. Si l’on prend le cas de l’immobilier, le secteur était dans une atonie et puis il y a eu une impulsion. Laquelle impulsion est venue de cette offre participative à laquelle une tranche de la population a eu recours. Il faut souligner que l’industrie de la finance participative n’aurait pas vu le jour sans la confiance des clients. Dès l’ouverture des agences nous avons observé une forte affluence pour ce nouveau service, je  dirais même un engagement émotionnel de la part de certains clients. Ce sont des clients à moitié bancarisés, des citoyens auxquels on n’a jamais donné l’occasion de satisfaire leurs besoins en ligne avec leurs convictions. Certains d’entre eux  avaient des comptes mais pas d’engagements financiers.

Avez-vous recruté de nouveaux clients que ceux qui ont été chez d’autres banques conventionnelles?

Toutes les personnes que nous avons recrutées avaient déjà un compte bancaire. Elles sont bancarisées côté moyen de paiement seulement. Quand on reçoit les demandes de financement, on consulte les différentes institutions qui nous permettent de connaître la solvabilité du client et on découvre à ce moment-là que la plupart des personnes qui nous ont sollicité n’étaient pas du tout endettées et lorsqu’elles l’étaient elles avaient recours à un financement zéro intérêt pour l’acquisition par exemple de leurs voitures.

La clientèle  de la banque participative est hétérogène. Quel type de produits peut-on imaginer pour des clients très spécifiques tels que les amicales et coopératives?

Effectivement les amicales et coopératives sont par essence participatives mais qui sous-entendent  un certain nombre de risques qu’il y a lieu de bien étudier. Quand vous êtes dans une coopérative vous avez pratiquement un ensemble de personnes avec des profils de risque différents mais qui peuvent malheureusement tomber par le maillon le plus faible. Il suffit qu’un ou deux membre de la coopérative ne contribuent pas pour que tout l’édifice s’écroule. En tant que banque participative, nous avons pour mission de gérer l’argent des déposants en bon père de famille, ce qui nous oblige  à bien étudier les demandes avant de proposer quelque chose.

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