Accor Maroc, le malaise s’installe

Accor Maroc, le malaise s’installe

A la faveur du changement officiel du mode de gouvernance par l’état-major du groupe, les acquis de Accor Maroc semblent sérieusement menacés. La déclinaison de cette nouvelle gouvernance décidée par  le siège  se traduit sur le terrain au Maroc par une démobilisation  généralisée des cadres qui sont pour la plupart des pionniers de l’installation d’Accor au Maroc. Une réunion de cadrage tenue cette semaine à Casablanca a montré à quel point le fossé se creuse entre les cadres marocains du groupe et le nouveau management.  Ce dernier ne considère ni la spécificité de l’implantation du groupe au Maroc, ni les trésors de patience qu’il a fallu développer pour installer des relations institutionnelles basées sur le respect et la  confiance, ni les sacrifices consentis pour construire une image et une notoriété fortes de la marque dans ce pays. En dix ans (1997-2007), Accor Maroc,  grâce à des hommes d’exception comme le Président Gérard Pellisson et à des managers engagés comme Marc Thepot,  a pu aller de l’avant et devenir un acteur respecté et  estimé du secteur. Des professionnels de grand mérite comme Rachid Satori, Najib Mountassir, Hamid Bentahar, Sami Boukhaled et bien d’autres  ont donné corps avec leur talent et leur dévouement à une politique d’excellence qui a produit des résultats magnifiques. C’est cette même équipe, une vraie élite professionnelle, qui est actuellement visée par le nouveau management alors que les unités qu’elle gère affichent des résultats exceptionnels. Si Accor se coupe brutalement de son expertise marocaine, il lui sera en effet difficile de renégocier, notamment, le contrat «symbolique»  de l’hôtel Palais Jamaï à Fès  qui arrive à sa fin. Et, surtout, il lui  sera difficile d’arriver en 2010 à l’objectif  annoncé de 45 hôtels alors qu’aujourd’hui, en 2007, le groupe n’en compte  que 23, essentiellement des Ibis. La caution morale du groupe au Maroc  est construite, essentiellement, sur l’engagement personnel du président Gérard Pellisson et de ses hommes. Elle ne repose ni sur la politique des fonds de pension, ni sur les diktats des actionnaires majoritaires, ni sur les techniques financières de vente à la découpe de marques hôtelières. Accor Maroc a déjà une histoire  dans un pays qui lui a tout donné, ce groupe devrait en retour mieux assumer ses responsabilités.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *