Accord de pêche : L’UE inclut le Sahara et gifle le polisario

Accord  de pêche : L’UE inclut le Sahara et gifle le polisario

La Commission européenne introduit un mandat de renouvellement de l’accord avec le Maroc dans son intégralité

La reconduite de l’accord est susceptible de «préserver et de développer davantage le partenariat de pêche entre l’UE et le Maroc, en concluant un accord et un protocole durables sur le plan environnemental, économique-ment rentables et pleinement conformes au droit international et européen».

Coup dur pour les séparatistes. La Commission européenne s’apprête à renouveler l’accord de pêche avec le Maroc avec son Sahara alors que le polisario menait une campagne pour exclure cette partie du territoire national des négociations. C’est une véritable douche froide pour les séparatistes qui espéraient voir les eaux du Sahara exclues de l’accord surtout après la décision de la Cour européenne de justice. Mais les responsables de la Commission européenne en ont décidé autrement. «L’Union européenne estime qu’une extension de l’accord bilatéral au Sahara est possible sous certaines conditions», lit-on dans la proposition adoptée par la Commission européenne. Pour celle-ci, la reconduite de l’accord est susceptible de «préserver et de développer davantage le partenariat de pêche entre l’UE et le Maroc, en concluant un accord et un protocole durables sur le plan environnemental, économiquement rentables et pleinement conformes au droit international et européen». Plus loin encore, les responsables européennes rappellent dans un document rendu public hier que «le Maroc est un partenaire de l’UE bénéficiant notamment du Statut avancé dans le cadre de la Politique européenne de voisinage et de l’Accord d’association UE-Maroc». Pour la commission, il s’agit d’un accord win-win. Selon la même source, l’accord permettra aux pêcheurs notamment artisanaux de plusieurs États membres de bénéficier des possibilités offertes par l’accord renouvelé alors que le Royaume profitera de la contribution financière apportée par l’UE pour soutenir sa stratégie Halieutis en faveur du développement durable du secteur de la pêche. Il faut dire que la Commission européenne entend relancer les négociations avec les responsables marocains dans les plus brefs délais. Car le temps presse pour la Commission qui affiche d’ores et déjà l’ambition d’aboutir à un renouvellement de l’accord avec la fin de celui en vigueur actuellement. En effet, ce dernier arrive à échéance en juillet 2018. De son côté, le Maroc s’était dit prêt à de nouvelles négociations pour renouveler son accord de pêche avec l’Union européenne (UE). Dans ce sens, le ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Aziz Akhannouch, avait indiqué fin février dernier que la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a validé l’accord de pêche Maroc-UE et n’a pas suivi l’avis de son avocat général qui demandait l’interdiction de la pêche. L’activité de la pêche continuera jusqu’à la fin de la période prévue par l’accord, à savoir juillet prochain, a-t-il insisté, notant que le Maroc et l’UE disposent donc d’un délai raisonnable pour entamer les négociations pour l’avenir. Le ministre avait également relevé que la Cour ne «donne aucun rôle au polisario dans ce dossier» mais demande à ce que les choses soient plus claires à l’avenir en apportant plus de précisions sur les provinces du Sud dans le cadre du futur protocole de pêche.

Les provinces du Sud premières bénéficiaires de l’accord de pêche

Un rapport européen publié il y a quelques mois était arrivé à la conclusion que «les provinces du Sud sont les grands bénéficiaires de la contrepartie financière découlant de l’accord de pêche Maroc-UE».

Le même document avait précisé que 75% des impacts socio-économiques bénéficient aux régions de Dakhla-Oued Eddahab et de Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra.

Plus loin encore, le rapport européen a fait savoir que le Sahara concentre 66% de l’enveloppe totale de l’appui sectoriel européen, soit environ 37 millions d’euros.

La même source a indiqué par ailleurs que les premières estimations des retombées socio-économiques de l’appui sectoriel montrent la création de 180 emplois directs et l’amélioration des conditions de travail d’environ 59.000 personnes dans le secteur ou ses activités connexes. Il faut préciser que les auteurs du rapport avaient recommandé le renouvellement dudit accord de pêche qui arrivera à échéance en juillet 2018.

Statut avancé

Le Maroc a obtenu en 2008 un «Statut avancé» auprès de l’UE (Union européenne).

Concrètement, sur le plan politique, ce Statut avancé prévoit l’organisation de sommets réguliers UE-Maroc et la mise en place d’un accord cadre pour la participation du Maroc aux opérations européennes de gestion de crise. Sur le plan économique, ce statut inclut la «mise en place d’un espace économique commun», s’inspirant des règles qui régissent l’Espace économique européen (l’UE, plus la Suisse, la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein).

Cette coopération passe notamment par l’Aleca qui est un accord de libre-échange sur les biens, les services et les capitaux.

Il faut préciser que l’octroi de ce statut rentre dans le cadre de l’Accord d’association conclu dès 1996 et entré en vigueur depuis 2000.

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