Accord sur le climat et inquiétude sur les cours du pétrole

Accord sur le climat et inquiétude sur les cours du pétrole

Le sommet du G8 réuni à Toyako (Japon) a conclu, mardi, à un accord sur la réduction des gaz à effet de serre, salué comme une avancée mais considéré comme insuffisant par les écologistes et a exprimé son inquiétude face à la flambée des prix du pétrole et de l’alimentation. Les chefs d’Etat et de gouvernement des huit pays les plus industrialisés se sont mis d’accord sur une réduction «d’au moins 50%» d’ici 2050 des émissions mondiales de gaz à effet de serre et sur la définition ultérieure, pays par pays, d’objectifs à moyen terme, selon une déclaration commune. Cet accord conclu après une nuit de difficiles tractations dégage la route des négociations prévues à l’ONU pour un accord global à la fin 2009. Les Etats-Unis ont obtenu des concessions de date et de contraintes, mais ont souscrit à cette perspective chiffrée, ce qu’ils avaient toujours refusé auparavant.
Le G8 fait également appel à la «contribution de toutes les principales économies», une formule qui vise à enrôler les grands pays émergents telles que la Chine ou l’Inde, une exigence de Washington. L’an passé à Heiligendamm (Allemagne), le G8 s’était simplement mis d’accord pour « envisager sérieusement » une réduction de moitié des émissions polluantes d’ici le milieu du siècle. Un conseiller du président américain George W. Bush, Dan Price, a salué un «progrès substantiel» et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a souligné que l’accord «gardait le monde sur les rails pour un accord mondial en 2009», lors de la conférence climat de l’ONU à Copenhague. Des organisations non gouvernementales (ONG) se sont en revanche montré critiques, en estimant, comme Greenpeace, que l’accord «n’empêchera pas le chaos climatique». À ce rythme, renchérit Oxfam, «le monde sera cuit en 2050», tandis que le WWF regrette l’absence d’objectifs chiffrés et concrets à moyen terme. Sur le plan économique, le G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, Japon, France, Grande-Bretagne, Italie et Russie) s’est inquiété de la flambée des prix du pétrole et des produits alimentaires, qui représente «un sérieux danger pour la stabilité de la croissance mondiale». Les dirigeants appellent également les pays producteurs de pétrole à accroître «à court terme» les capacités de production et de raffinage pour freiner l’envolée des cours. Ils se sont toutefois déclarés optimistes « quant à la résistance à long terme de leurs économies et la croissance économique mondiale future ».
Les Huit devaient aussi faire le point sur les grandes crises du moment, notamment le Zimbabwe, déjà au centre d’entretiens avec les dirigeants de sept pays africains lundi. Le président sénégalais Abdoulaye Wade, présent à Toyako, a déclaré que les dirigeants africains s’étaient opposés à la perspective de sanctions, «qui ne serviront à rien», contre le régime du président Robert Mugabe, accusé par les Occidentaux de se maintenir au pouvoir par la violence et des élections truquées. Le président russe Dmitri Medvedev a abondé dans son sens, alors que d’autres membres du G8 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Allemagne notamment) prônent la fermeté face à M. Mugabe. Le G8 devrait également lancer un nouvel appel à l’Iran pour qu’il suspende ses activités d’enrichissement d’uranium, qui font planer sur lui le soupçon de chercher à se doter de l’arme atomique. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a qualifié par avance «d’illégitime» tout appel en ce sens. La traditionnelle «photo de famille» des dirigeants, face au panorama volcanique somptueux du lac Toya, leur a offert un rare moment de détente. Pelle à la main, l’Américain George W. Bush, le Français Nicolas Sarkozy, le Russe Dmitri Medvedev, le Japonais Yasuo Fukuda et les autres participants ont planté de jeunes arbres sous les objectifs des caméras.

• Christophe de Roquefeuil
(AFP)

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