Achchab Boujemâa : «Le textile et l’agroalimentaire seront touchés par la crise»

Achchab Boujemâa : «Le textile et l’agroalimentaire seront touchés par la crise»

ALM : A votre avis quel est l’impact de la crise mondiale sur l’économie  nationale ?
Boujemâa Achchab :
Il faut être prudent. La nature spécifique de l’économie marocaine ne permet pas à elle seule de dire que l’impact de la crise mondiale ne se fera pas sentir de façon significative. En effet, le fait que le partenaire économique principal du Maroc soit touché par cette crise, je parle bien sûr de l’Union éuropéenne, implique nécessairement des répercutions sur l’économie nationale. C’est plus une question de bon sens.  D’ailleurs, la réaction de la  Bourse de Casablanca en est le témoin et d’autres secteurs pourront subir le même sort.

Quels sont les secteurs qui seront le plus affectés par cette crise ?
Le secteur de l’immobilier peut avoir de grandes difficultés. Nos voisins espagnols et partenaires dans ce secteur vivent déjà l’onde de choc causée par la crise des subprimes. Toutes les industries liées à l’exportation seront automatiquement touchées, surtout  le textile et l’agroalimentaire. Si vos partenaires ont des difficultés pour vous payer ou ne peuvent pas faire de commandes, vous êtes nécessairement vous-même en difficulté !  Le secteur du tourisme peut aussi voir une baisse de la demande, qui est pour l’essentiel due au manque de confiance dans l’avenir, et la baisse de la consommation de façon générale chez les principaux pays d’origine de nos touristes.  

Comment l’économie nationale pourra-t-elle faire face à cette crise ?

Pour faire face à cette crise, il faut être imaginatif et surtout compétitif. La concurrence est très féroce et il faut arriver à produire avec un coût optimal, en faisant des économies tout au long du processus de production. La prudence est aussi de mise. Le Maroc doit disposer  d’une veille économique lui permettant d’être  en mesure d’anticiper à temps les grandes tendances internationales.

Quel est l’impact de cette crise sur les investissements directs  étrangers au Maroc ?
L’effet psychologique est déterminant chez les investisseurs. Les investissements directs étrangers au Maroc peuvent, à cause du climat d’incertitude, connaître un certain recul. Ou alors du fait que l’économie du Maroc n’est pas encore affectée, en tout cas pas avec une grande ampleur, les investisseurs peuvent se rabattre sur des pays émergeants où l’effet de la crise n’est toujours pas apparent. Il est assez difficile de faire des prévisions avec un grand degré de confiance, surtout en période de crise. L’effet domino peut avoir des conséquences assez imprévisibles, bonnes comme mauvaises. La science économique de façon générale et la finance en particulier, sont d’une complexité du même ordre que la complexité de l’être humain, de son comportement et de sa psychologie.

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