Acier : En litige avec les USA, L’UE devant l’OMC

«L’UE a demandé des consultations avec les Etats-Unis, en vertu du système de règlement des différends» sur le contentieux l’opposant aux Etats-Unis sur l’acier, a indiqué un porte-parole de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce). La réaction ne s’est pas fait attendre. En effet dès l’annonce par le président des Etats-Unis, G.W Bush, la restriction des importations d’acier, à travers une hausse des droits de douanes de 8 à 30% pendant une période de trois années. La raison avancée réside dans la protection de l’industrie de l’acier américaine.
Si l’argument officiellement soutenu invoque les faiblesses de l’industrie de l’acier, à cause notamment « des pratiques déloyales des autres producteurs », les choses sont autres au regard d’un pays incarnant le libéralisme à son paroxysme. Aussi, ce secteur n’a jamais été restructuré efficacement. Contrairement à l’Europe qui avait réduit sa capacité de production.
Ainsi, la protection dont elle jouit est alimentée par des considérations d’ordre strictement politique. La politique commerciale américaine repose majoritairement sur le Congrès, dont les sénateurs mandatés pour deux ans dépendent des lobby. Le groupe de pression sidérurgique est performant et les élections se dérouleront dans quelques mois. Le Président, en raison du comptage annuel, désire garantir les voix des sénateurs des Etats gros consommateurs d’acier.
En revanche, les enjeux pour les partenaires commerciaux internationaux (Europe, Chine, Japon,…), sont de taille. Pour leur part, le Canada, le Mexique, l’Argentine, la Thaïlande, la Turquie, le Brésil et l’Afrique du Sud seront exonérés au paiement de cette taxe. Les surcapacités du marché mondial entraîneront des répercussions protectionnistes avec un effet de boule de neige. Côté chiffres, l’UE enregistre à elle seule 25% des importations américaines de l’acier.
Sur le plan de la procédure, les consultations viseront à trouver un règlement amiable.
En cas d’échec, un groupe d’experts planchera sur la conformité de la décision américaine avec les stipulations de l’OMC. Rappelons que les USA avaient déjà fait l’objet de poursuites en raison de l’instauration de clauses de sauvegarde abusives.

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