Adaptation de l’agriculture par rapport aux changements climatiques: L’assurance indicielle, un outil résilient

Adaptation de l’agriculture par rapport aux changements climatiques: L’assurance indicielle, un outil résilient

Ce produit d’assurance, autrement appelé assurance paramétrique, est l’une des innovations qui permettent une certaine résilience aux aléas climatiques.

«L’assurance agricole, sous sa composante indicielle,  doit être déployée en tant qu’outil de promotion de techniques culturales d’adaptation au changement climatique et non pas seulement comme outil de mutualisation des risques. C’est en ces termes que Mohamed Guerrouj, directeur général de l’Agence du développement agricole (ADA), a inauguré un side-event sur «l’adaptation au changement climatique de l’agriculture au Maghreb et en Afrique ». Le débat a été porté essentiellement sur l’assurance indicielle en tant que réponse efficace aux risques climatiques dans la région. Ce produit d’assurance, autrement appelé assurance paramétrique, est l’une des innovations qui permettent une certaine résilience aux aléas climatiques.

Le Maroc qui a dévoilé récemment, au grand public, son initiative triple AAA a misé sur  la nécessité d’intégrer ce service comme composante primordiale du processus d’adaptation. «l’assurance agricole est l’un des piliers de notre initiative qui vise l’adaptation de l’agriculture aux changements climatiques en Afrique. Compte tenu  de l’importance qu’elle peut revêtir en termes d’investissement nous considérons que cette composante  phare   aura une attention particulière de notre  part au vue de son déploiement sur notre territoire et l’ensemble du continent africain», précise le directeur général de l’ADA .

L’assurance agricole a 5 ans d’existence au Maroc. Elle couvre à ce jour plus de 1 million d’hectares agricoles et se place comme élément central du Plan Maroc Vert. Inscrivant sa démarche dans une optique d’innovation, l’assurance agricole au Maroc entame une nouvelle phase. Le nouveau modèle adopté aujourd’hui se veut moins coûteux et efficace. «L’assurance indicielle réduit la vulnérabilité des agricoles. Au lieu de se déplacer sur le terrain en vue d’évaluer la sinistralité, ce type d’assurance sert également d’outil de gestion de risques climatiques performants», explique Fahd Hussein Al Bouab, directeur financier au ministère de l’agriculture et de la pêche maritime -Département de l’Agriculture et responsable du pilotage du système d’assurance agricole.

L’assurance indicielle se base en effet sur les indices météorologiques. Elle permet, en effet, de fiabiliser les expertises , d’améliorer la couverture, de réduire les charges de gestion et d’accélérer le réglement des indemnisations. Notons qu’au Maroc, l’assurance indicielle rentre dans le cadre du projet Accagrimag, (voire page 7). Mis en place en partenariat avec l’Agence française de développement, ce projet se veut une innovation dans la mise en œuvre de mesures visant à contrer l’effet du changement climatique sur les terrains agricoles. Le but étant d’aider «les agriculteurs à récolter le meilleur profit de leurs cultures et à contribuer à la sauvegarde des ressources naturelles dans le cadre d’une vision durable et respectueuse de l’environnement».

Objectif de l’Accagrimag

agriculture

· Amélioration et diffusion de connaissances : Développer des outils et des compétences à destination des opérateurs de terrain et de l’assurance au Maroc (Fès-Boulemane, Tanger-Tétouan, Taza-Al Hoceima-Taounate): production d’études régionales de vulnérabilité de l’agriculture au changement climatique, de stratégies régionales/locales d’adaptation et de guides pratiques sur les outils d’évaluation.

· Expérimentation et diffusion de technologies innovantes : Diffuser les pratiques agricoles existant au Maroc pour améliorer la productivité des sols par le biais d’opérations pilotes en milieu paysan, dans un contexte d’aridification croissante du climat.

· Gestion des risques climatiques : Définir des modèles de gestion efficace en testant la faisabilité d’une assurance au Maroc et d’un fonds de garantie en Tunisie au risque de sécheresse : utilisation de la télédétection pour fournir des outils d’analyse, de suivi et de pilotage du risque, dispositifs paramétriques pour rendre l’assurance incitative aux pratiques climato-résilientes, sensibilisation à la viabilité financière du système assurantiel dans un contexte de risques hydro-climatiques croissants.

· Coordination, pilotage et suivi-évaluation : Piloter les actions transversales dans les deux pays, nécessaires à la bonne exécution du projet: recrutement d’une assistance technique de niveau international, suivi et évaluation technique et financière, communication et échange entre les acteurs marocains et tunisiens.

A propos de l’Accagrimag pour la COP22

cop22-assurances-accagrimag

L’«Adaptation au changement Climatique de l’agriculture du Maghreb» (Accagrimag) est un projet  catalyseur pour la dissémination des mesures de résilience dans les zones vulnérables au Maroc et en Tunisie avec la perspective d’étendre son application à d’autres pays africains. Au niveau national, l’Accagrimag cible l’agriculture pluviale à forte dominante céréalière compte tenu de sa vulnérabilité face aux changements climatiques.

Initié par les départements de l’agriculture et des finances en partenariat avec  l’Agence française de développement (AFD) et par le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM), le projet a nécessité une enveloppe budgétaire de 1,5 million d’euros.  Il vise l’amélioration des connaissances, l’évaluation des risques et l’intégration de mesures d’adaptation dans les pratiques des acteurs du secteur. Il intègre des composantes opérationnelles qui visent essentiellement le développement de l’assurance agricole indicielle et la diffusion de technologies de réduction de la vulnérabilité des petits agriculteurs au changement climatique.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *