ADM : Vers la généralisation des bornes automatiques acceptant les cartes bancaires

ADM : Vers la généralisation des bornes automatiques acceptant les cartes bancaires

Entretien avec Anouar Benazouz, directeur général d’Autoroutes du Maroc

ALM : Avec cette nouvelle année qui démarre, quels seront les chantiers prioritaires d’ADM ?

Anouar Benazouz : Au cours des 15 dernières années, ADM a adopté une politique volontariste de croissance qui a permis un développement rapide du réseau autoroutier et une contribution significative à l’aménagement du territoire marocain.

Aujourd’hui, ADM se doit d’entrer dans un nouveau cycle de développement. La tendance naturelle des opérateurs autoroutiers qui ont déjà transité par ce cycle dans leur histoire est de se focaliser sur la gestion opérationnelle du réseau.

ADM a entamé une démarche de transition vers son projet industriel d’exploitation. Une nouvelle stratégie a été  établie et mise en œuvre dont le client-usager est la pierre angulaire et érigée de ce fait comme priorité absolue marquant ainsi le nouveau métier des femmes et des hommes d’ADM et le challenge à venir.

Est-ce qu’on peut avoir plus de détails concernant le calendrier de réalisation et le montage financier pour les nouveaux projets autoroutiers lancés, dont le budget a été approuvé lors du dernier conseil d’administration ?

​Notre conseil d’administration a approuvé fin 2016 le budget de l’année 2017. Il prévoit notamment le démarrage d’investissements visant à décongestionner le Grand Casablanca, à savoir l’autoroute Tit Mellil-Berrechid et l’élargissement à 2×3 voies de l’autoroute Casablanca-Berrechid et de l’autoroute de contournement de Casablanca. Pour ces projets, nous sommes sur un investissement de 2,8 milliards avec un délai de 3 ans.

La dette d’ADM reste considérable. Pouvez-vous nous parler des actions entreprises pour atténuer le poids de la dette sur la société ?

ADM est engagée dans des concessions de 50 à 60 ans avec une dette sur 15 ans. La question est donc de savoir comment étaler cette dette sur 20 à 25 ans pour que sa charge sur une année ne dépasse pas notre chiffre d’affaires. Rappelons que, contrairement à d’autres pays, le Maroc n’a commencé qu’en 2015 à sortir des obligations sur 25 ans.

Le reprofilage de notre dette a été acté en mars 2016 quand notre conseil d’administration avait autorisé deux opérations d’optimisation : le rachat d’une partie de la dette en dinars koweïtiens (KWD) à hauteur de 2,9 milliards de dirhams, une opération qui va permettre de réduire le coût des frais financiers et de réduire également l’exposition de notre bilan au risque de fluctuations du dinar koweïtien. Cette opération a été financée moyennant un prêt garanti par l’Etat et contracté auprès de banques marocaines et permettra de lisser le service de la dette sur une longue période ; l’optimisation de la dette obligataire d’ADM par le rachat d’anciennes obligations à taux onéreux pour un montant de 5,9 milliards de dirhams et leur remplacement par de nouvelles obligations à des taux plus avantageux.

D’autres opérations sont prévues dans le cadre de cette restructuration financière et seront annoncées lors de leur mise en œuvre, notamment le rallongement des dettes avec les bailleurs de fonds internationaux et la mise en place d’instruments de couverture du risque de change que nous sommes en train d’étudier avec les départements concernés du ministère des finances.

Sur nos 40 MMDH de dette, 9 MMDH sont donc actuellement «gérés». Cette gestion n’a rien d’exceptionnel par rapport aux autres sociétés étrangères. L’avantage, c’est que notre dette est adossée à un investissement et non à la consommation. Si cet investissement est maintenu, il augmentera mécaniquement la valeur de notre réseau. Après des années difficiles, qui correspondent à des années d’investissement et de développement, les années qui suivront nous permettront d’être mieux dotés en cash.​

Une introduction d’ADM en Bourse est-elle envisageable à court ou moyen terme ?

Pour le moment nous avons une stratégie et une feuille de route, l’introduction en Bourse d’ADM n’est pas à l’ordre du jour.​

ADM a lancé un plan de départ volontaire. Est-ce que les objectifs ont été atteints ? Y a-t-il des obstacles ?

Le train de la transformation a bien démarré. ADM a ouvert l’occasion d’un départ volontaire avant l’âge de la retraite pour les personnes qui le souhaitent. L’objectif est atteint.

La direction générale a hérité du dossier des péagistes. Comment comptez-vous y vous prendre ?

​Les péagistes ne sont pas des employés d’ADM mais des employés de nos prestataires. Ces péagistes craignent pour la pérennité de leurs emplois, ce que nous comprenons. Néanmoins, tout est mis en place pour garantir l’exercice de leur profession. A cet effet, ADM suit un cahier des charges très strict qui répond à cette demande. Nous nous assurons en outre que tous nos prestataires respectent le code du travail.

Le gouvernement mise sur le partenariat public-privé. Comment ADM compte-t-elle à son tour développer le PPP ?

Le PPP démarre au Maroc. ADM peut examiner toute proposition en PPP si ce mode s’avère moins coûteux que le mode concessionnel utilisé à date d’aujourd’hui.

  

Comment ADM pourrait-elle améliorer la sécurité au niveau des autoroutes surtout avec la multiplication de cas d’agression par des bandes ?

Tout d’abord, il est important de souligner à ce niveau et à l’instar du reste des actes d’agression et/ou de vandalisme que ces derniers n’incombent pas à ADM.

Pour la sécurité de ses clients, ADM met en place des clôtures, des glissières, un numéro unique, à savoir le 5050, l’assistance, les caméras sur le réseau ainsi qu’un centre de contrôle du trafic en temps réel.

Nous procédons également à un audit de sécurité régulier pour évaluer la situation et nous travaillons en étroite collaboration avec nos partenaires de la gendarmerie, du ministère de l’intérieur et du ministère de la justice pour dissuader les agressions en amont.

Quel bilan faites-vous du système Jawaz et comment comptez-vous développer ce genre de service ?

​Aujourd’hui, nous comptons 60.000 abonnements au système de télépéage Jawaz avec un objectif d’atteindre les 150.000 abonnements à fin 2017. Des campagnes promotionnelles ainsi que des campagnes de sensibilisation sont prévues afin d’encourager les clients à opter pour ce type de services qui est mis en place pour leur faciliter leurs déplacements à travers des nouveaux modes de paiements faciles et accessibles.

Quelles seront les principales nouveautés en 2017 ?

Au niveau de l’offre produit ADM, nous ambitionnons de généraliser le télépéage en renforçant notre offre et sa disponibilité par l’ouverture du télépéage du dernier tronçon Rabat-Oujda, le produit Jawaz couvrira l’ensemble du réseau à fin juin 2017 et la généralisation des bornes automatiques qui acceptent les cartes d’abonnement de même que les cartes bancaires.

Au niveau du réseau ADM, l’année 2017 connaîtra l’ouverture de l’échangeur Ain Dalia à Tanger, l’ouverture de l’échangeur Ain Taoujtat sur l’autoroute Rabat-Meknès et l’élargissement de la gare de péage de Bouskoura vers Berrechid.

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