Adnane El Gueddari: «Nous comptons couvrir les régions du Maroc dès la première année»

Adnane El Gueddari: «Nous comptons couvrir les régions  du Maroc dès la première année»

Entretien avec Adnane El Gueddari, directeur général d’Umnia Bank

ALM : Umnia Bank est la première banque participative en exercice actuellement. Qu’offre cette nouvelle entité au secteur bancaire national?

Adnane El Gueddari : C’est un moment historique que nous vivons actuellement. Il faut tout d’abord rendre hommage au travail qui a été fait par l’ensemble des acteurs et notamment des autorités pour que cette industrie voie le jour. Il s’agit d’une véritable avancée même à l’échelle internationale qui permet au Maroc de revendiquer un modèle des plus aboutis.

Pour notre part nous sommes très heureux d’avoir contribué à ce grand projet pour lequel nous travaillons depuis plusieurs années. C’est un vœu qui se réalise. Nous avons l’ambition d’accompagner les clients pour tous leurs besoins bancaires, que ce soit pour la banque au quotidien, l’épargne, l’équipement ou l’investissement.

Notre objectif est qu’un client puisse avoir Umnia Bank comme seule banque si tel est son choix. Nous faisons par ailleurs de l’innovation  un axe stratégique de développement, ce qui est le propre même de la finance participative, pour offrir des produits proches des modes de fonctionnement entre les personnes dans leurs relations commerciales au quotidien. Pour ce premier démarrage et en attendant que les contrats soient validés par le Conseil supérieur des ouléma (CSO) nous avons jugé utile de nous ouvrir au grand public pour vulgariser la finance participative et familiariser les clients avec cette nouvelle activité. Cela fait aussi partie de nos valeurs de transparence.

Quels sont les principaux objectifs de la banque participative ?

Elle a un triple objectif : premièrement contribuer à la bancarisation de nouvelles franges de la population à travers le recrutement de clients ne disposant pas de comptes bancaires, deuxièmement équiper des clients bancarisés, mais ne faisant pas appel aux produits de financement et d’épargne rémunérée et en troisième lieu s’adresser à une clientèle soucieuse d’être en adéquation avec des valeurs que nous partageons. Cela devrait in fine contribuer à développer l’épargne avec tous les avantages que cela induit pour l’économie et aussi dynamiser l’investissement grâce aux nouveaux modes de financement qu’apporte la banque participative.

Qu’avez-vous observé lors des études de marché que vous avez mené ?

Les études de marché montrent une véritable attente de la part du public et ce sur tous les segments de clientèle, que ce soit les particuliers, les professionnels et même les entreprises. Il n’y a pas vraiment de profil type du client intéressé par la banque participative, c’est surtout une question de conviction que cette finance répond aux attentes de chacun.

Dans notre stratégie nous adressons tous les segments de clientèle et les premières remontées de terrain nous confortent dans cette orientation. En effet au niveau de nos agences ou du call center les demandes laissent apparaître qu’il n’y a pas de distinction de classes sociales et professionnelles, d’âge ou de géographie.

Umnia est le fruit de partenariat entre CIH et Qatar International Islamic Bank (QIIB). Qu’apportent ces partenaires à la nouvelle banque ?

Nos partenaires apportent beaucoup à Umnia Bank sur le métier de la banque universelle proprement dite, sur l’immobilier grâce à un savoir-faire séculaire et sur la finance participative bien entendu. CIH Bank apporte aussi toute sa dynamique dans le domaine du digital et de la banque moderne. QIIB pour sa part est très présente à nos côtés avec une véritable valeur ajoutée sur le métier de la finance participative sur laquelle la banque est légitime avec plus de 25 ans d’expérience. Par ailleurs les perspectives de partenariat avec notre partenaire qatari couvrent aussi le volet commercial, avec la création d’un véritable canal de communication qui, nous l’espérons, permettra une intensification des investissements des pays du Golfe dans l’économie marocaine.

Qu’en est-il de vos perspectives de développement ?

Nous avons d’ores et déjà deux agences à Casablanca et une à Rabat qui accueillent les clients pour leur apporter toutes les informations utiles sur la finance participative. Nous sommes à l’aube d’une nouvelle activité et cette période qui précède la commercialisation est propice à une phase de vulgarisation nécessaire vis-à-vis du grand public.

Par ailleurs plusieurs agences sont en cours d’aménagement et nous comptons couvrir les régions du Maroc dès la première année avec un réseau de plus de 20 agences. Nous n’avons pas encore commencé à ouvrir des comptes, nous restons en attente de la validation des contrats par les organes habilités à se prononcer sur leur conformité. Cela étant, les entretiens en agence ou au call center nous permettent de comprendre les attentes des clients et identifier leurs besoins d’accompagnement, ce qui nous permet aussi d’être plus pertinents dans notre offre.

Quels sont les produits sur lesquels vous misez le plus?

Aujourd’hui 6 produits ont fait l’objet de circulaires validées par le CSO. Les contrats qui sous-tendent ces produits sont en cours d’élaboration par la place en vue d’être validés par le CSO.

Les plus avancés aujourd’hui sont la convention de compte, Mourabaha, Ijara et les dépôts d’investissement qui devront voir le jour dans les prochaines semaines. Avec ces produits actuellement en cours de validation nous pouvons répondre à la plupart des demandes exprimées par la clientèle. Cela étant, le chemin est encore long notamment sur les aspects fiscaux où une prise en compte progressive des spécificités de la finance participative prendra probablement encore quelques années pour permettre une véritable ingénierie financière qui est le sceau même de la finance participative.

Les gens auront tendance à comparer entre les produits bancaires alternatifs et les produits classiques…

Nous ne souhaitons pas rentrer dans une comparaison des produits entre système conventionnel et participatif qui n’apporte pas beaucoup au débat. Nous pouvons par contre exposer le modèle de la finance participative qui fait de la banque un véritable intermédiaire économique puisqu’elle est impliquée dans toutes les transactions commerciales entre les parties. Ainsi tous les financements sont adossés à des actifs réels et tangibles.

Par ailleurs un autre point important est que la rémunération de l’épargne se fait à travers un partage des revenus entre la banque et le client. Cela étant, il est difficile de détailler les principes fondateurs de la finance participative en quelques lignes d’où justement cette nécessité d’être au plus proche du public, au travers de nos agences et notre centre d’appels, pour mieux faire comprendre les modes de fonctionnement et les valeurs de la finance participative.

1 Comment

  1. Muslim

    Ces relations économiques doivent aider les patrons marocains à mieux accéder aux marchés du Moyen-Orient, que ce soit au Qatar, aux Émirats arabes unis, ou en Arabie saoudite pour mieux commercialiser le Made in Morocco dans ces pays en suivant une stratégie d’expansion pour toutes les filières que compte le Maroc

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