Aérien : le pétrole plombe le retour à la rentabilité

« Cette année devait être la première année bénéficiaire pour notre industrie depuis le début de ce 21ème siècle », a déclaré M. Giovanni Bisignani, qui s’adressait à l’assemblée générale annuelle de l’organisation qui regroupe 276 compagnies dans le monde.
« L’an dernier, nous avons survécu aux assauts des quatre cavaliers de l’apocalypse, le SRAS (la pneumonie atypique), le conflit irakien, le terrorisme et (le marasme de) l’économie », a-t-il ajouté.  »
Mais un cinquième cavalier, le prix du pétrole, pourrait alourdir d’un milliard de dollars par mois les coûts de production de notre secteur et nous priver à nouveau de bénéfices », a dit l’ancien dirigeant d’Alitalia.
Il a ajouté que l’IATA avait initialement prévu que les compagnies aériennes réaliseraient des bénéfices cumulés de trois milliards de dollars en 2004 après des pertes de 30 milliards de dollars au cours des trois dernières années.
Hausse du pétrole : un surcoût d’1 milliard de dollars
« Nos projections de trois milliards de dollars de bénéfice cette année se basaient sur un prix moyen du baril de pétrole à 30 dollars », a dit M. Bisignani. « Si les prix du pétrole s’établissent à 33 dollars en moyenne, nous atteignons l’équilibre. A 36 dollars, nous pouvons nous attendre à trois milliards de pertes », a-t-il ajouté.
Les cours du pétrole sont supérieurs d’environ 30% cette année à la moyenne de l’an dernier avec le prix du baril de brut de référence pour livraison en juillet s’établissant lundi à 38,36 dollars en Asie.
De nombreuses compagnies, dont Singapore Airlines, Qantas et British Airways, ont imposé des surtaxes aux passagers pour compenser en partie la hausse du pétrole. Le trafic passagers de l’IATA a baissé de 0,6% l’an dernier, marquant la troisième année consécutive du recul le plus long de l’histoire de l’aviation commerciale.
Passer de la lutte contre les incendies à la définition de nouvelles structures.
Sur les destinations internationales, les membres de l’IATA ont enregistré une perte nette de quatre milliards de dollars en 2003.
Le secteur s’est repris au premier trimestre de cette année, avec un nombre de passagers en hausse de 9,6% et une augmentation du fret de 10,1% sur les trois premiers mois de l’an dernier. M. Bisignani a toutefois souligné que cela ne devait pas masquer le besoin de réformes. « La crise oblige tout le monde à prendre des décisions difficiles », a dit le responsable de l’IATA. « Nos réalisations ont aidé le secteur à survivre pendant trois années très difficiles. Nous devons maintenant passer de la lutte contre les incendies à la définition de nouvelles structures. Nous devons en finir avec la rigidité et la complexité de notre industrie », a-t-il dit. Il a cité la nécessité pour les gouvernements d’abandonner leur protectionnisme.
« Les gouvernements doivent faire preuve de leadership pour l’avenir, non défendre le statu quo. Mais ils doivent nous donner la liberté de changer et nous laisser diriger nos affaires comme de vraies affaires », a-t-il dit.

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