Affaire des déchets importés : La vérité déterrée à sa source

Affaire des déchets importés : La vérité déterrée à sa source

Cargaison de combustibles alternatifs en provenance de Pescara

Cette affaire de déchets italiens a créé un tel tollé que tout le monde en parle. En bien ou en mal, telle est la question qui s’est posée. Au fil du temps, le mystère s’est épaissi. Pour les professionnels du métier, il était urgent de réagir pour lever le voile sur ce dossier et séparer ainsi le bon grain de l’ivraie.
C’est ainsi que l’Association professionnelle des cimentiers (APC) a organisé une mission du 26 au 30 juillet en Italie et en Allemagne au profit des journalistes pour visiter des plates-formes de gestion et de traitement des déchets et une cimenterie utilisant les combustibles alternatifs (RDF) comme combustibles de substitution.
Cette visite effectuée d’abord à Pescara en Italie et ensuite à Dortmund en Allemagne se veut plurielle dans la mesure où elle tend à chasser les idées reçues, à confirmer des informations et infirmer d’autres.

Effectivement, 2.500 tonnes de combustibles alternatifs issus des refus de centres de tri des déchets ménagers sont bien arrivés par bateau au port de Jorf Lasfar il y a quelques semaines. Il s’agit de RDF composés de papier, cartons tissus, bois et caoutchouc en provenance de la région de Pescara et préparés par la société «Deco» spécialisée dans ce domaine. Celle-ci fut l’objet de la visite programmée jeudi.  «Pas de frontières pour un monde vert», a entamé Fabrizio D’Epiro, General Manager de Deco , son mot d ouverture. Une confusion qui, selon lui, a entaché le bon déroulement de l’opération. Lors de la visite d’usine, les responsables ont attiré l’attention des journalistes sur le déroulement des opérations  «dans les règles de l’art». Se basant sur une technique des trois R (Réduire, Réutiliser, Recycler), l’usine fait de ce concept la pierre angulaire de la stratégie de gestion de ses déchets. Ceux-ci sont considérés depuis des années comme une source à exploiter et non comme des rebuts dont il faut se débarrasser sans en tirer profit. En Europe, ces pratiques ne sont pas nées de la dernière pluie.

Elles sont applicables depuis plus de 20 ans. Ces visites techniques ont pour objectif d’expliquer le sujet des combustibles RDF et lever les craintes qui ont circulé et qui ont été largement relayées dans les réseaux sociaux pour permettre aux journalistes de mieux comprendre le processus global de gestion et de valorisation des déchets et de constater par eux-mêmes l’application de ces méthodes en Europe depuis plus de 20 ans.
Le Maroc a décidé d’emboîter le pas et de revoir la façon dont les déchets sont traités. Les déchets ménagers marocains actuels sont inadaptés à une utilisation industrielle. Selon l’APC, ils ne sont pas triés et sont humides.

De façon factuelle, il existe aujourd’hui très peu d’unités de tri et de préparation des combustibles alternatifs. La production de RDF repose sur des résidus de plastiques, tissus, bois et cartons/papiers broyés, issus du traitement de déchets ménagers banals ayant subi une préparation en plusieurs étapes : tri, broyage, homogénéisation, bio-séchage et enfin conditionnement pour produire un combustible alternatif de qualité.
De tels centres n’existent pas encore au Maroc. Des projets bien avancés sont programmés notamment à Rabat, Marrakech et Béni Mellal. Les cimentiers sont disposés dans le cadre d’un partenariat public-privé à investir dans des unités de production des combustibles alternatifs issus des déchets ménagers locaux.
Une convention a été signée à cet effet avec le ministère de l’environnement et le ministère de l’intérieur en juin 2015.
Actuellement trois projets seulement s’occupent de ce volet et sont conçus pour la transformation des déchets industriels en combustibles alternatifs pour cimenterie dont deux se trouvent à Casablanca et un à Tanger. D’autres projets viendront en renfort à l’instar de Oum Azza à Rabat et deux de Marrakech et Béni Mellal.

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