Affichage : Le temps du nettoyage

Affichage : Le temps du nettoyage

Trop de panneaux d’affichage à Casablanca. C’est la conclusion d’une réflexion entamée depuis quelques mois au sein de la mairie. En se basant sur le constat de départ que l’affichage public a atteint la cote d’alarme, les conseillers ont entrepris depuis cinq à six mois une collecte d’informations à travers toutes les communes de la capitale économique. L’analyse des données opérée par la Régie des recettes, organe chargé de la collecte des recettes tirées des redevances, est sans équivoque: Casablanca ne gagne pas un centime de ce commerce pourtant juteux. «L’ensemble des redevances tirées des panneaux situés dans l’espace public rapporte 6 millions de dirhams au titre de redevances. Ce montant couvre à peine les charges d’électricité consommées par les panneaux électriques.», souligne un cadre de la municipalité, en charge des autorisations d’exploitation. Non seulement Casablanca gagne «zéro dirham» mais en plus, elle doit supporter la dégradation de l’espace public, et toutes les pollutions afférentes à ce business.
Pourtant, ce commerce qui ne rapporte rien aux collectivités locales n’en continue pas moins de prospérer, étant en deuxième position après la télévision en termes d’investissements publicitaires dans les médias.
Une vingtaine de sociétés d’affichage sont opérationnelles sur le domaine public, à l’exception de l’affichage mural. D’après l’analyse de la municipalité, il y a des sociétés qui sont en règle. Mais beaucoup d’autorisations sont à la limite de la légalité. Certains des titres d’exploitation portant la signature du président de la commune ne sont pas passés par le Conseil. Il y a par exemple des autorisations délivrées par le secrétaire général de la préfecture. Au hit- parade des communes les plus prolifiques en matière d’autorisation, l’ex-préfecture d’Aïn Chok-Hay Hassani viendrait en tête. Il faut dire qu’en matière d’affichage, comme l’ont répété à ALM les fonctionnaires de la municipalité, les règles ne sont pas uniformes. Chaque commune avait les siennes.
D’où d’énormes disparités dans la durée des concessions ou encore les montants des redevances. «Vous pouvez trouver une société opérant dans deux communes différentes et payant des cotisations différentes », déclare le chargé du suivi des autorisations d’exploitation.  La durée de la concession va d’une année à 30 ans. Il y a des communes qui imputent les charges de branchement aux sociétés d’affichage, d’autres qui font supporter ces frais au réseau municipal.
Difficile pour la municipalité de se retrouver dans ce casse-tête chinois. Pour y voir un peu plus clair, le Conseil de la ville a mis en branle un train de mesures assorti d’un deadline. Ainsi, d’ici le 31 décembre 2005, tout panneau non réglementaire sera retiré. C’est une disposition très importante vu le nombre de panneaux peu ou prou en conflit avec la loi.
Actuellement, une centaine de panneaux qui occupent l’espace public n’ont aucune autorisation. Environ 40% du parc total des panneaux en activité sont entaché d’illégalité, ne remplissant pas les conditions requises.
Il y aurait même une société qui opère sans aucune autorisation. Dans la plupart des cas, les entreprises outrepassent leur autorisation d’exploitation, en installant plus de panneaux qu’ils n’en ont le droit. Parmi les décisions importantes prises par la municipalité, figure l’obligation pour toute société d’affichage de soumettre son dossier à la Commission technique laquelle doit décider en dernier lieu. En attendant, une vingtaine de panneaux viennent d’être enlevés. «Mesure extrême à ne pas confondre cependant avec une opération coup de poing», avertit ce conseiller municipal qui laisse entendre qu’une convention avec les sociétés irrégulières sera mise en place «dans l’intérêt de tous ». Les entreprises d’affichage devront supporter également toutes les charges d’électricité afférentes à leur activité. Oublié par la commune, le cahier de charges, support technique pour la délivrance des autorisations, devra être de nouveau réactualisé. «L’ancien texte présenterait des déséquilibres», dit-on. Dans la foulée, une brigade de contrôle va bientôt être mise en place avec pour rôle de contrôler l’activité sur le terrain.
Autant de mesures qui ne devront pas inquièter les sociétés organisées du secteur. Resté injoignable, Abdelkader Freidji, le président de l’Association marocaine des afficheurs a déclaré il y a quelques jours dans les colonnes de notre confrère Mediamarketing «qu’il faut organiser le secteur…mais en prenant en compte les intérêts économiques des afficheurs !».

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