Afrique : un marché à développer

Afrique : un marché à développer

Le commerce bilatéral entre le Maroc et les pays d’Afrique subsaharienne demeure faible par rapport à son potentiel. C’est, en substance, ce qui ressort d’une récente étude, intitulée «Le positionnement économique du Maroc en Afrique», menée par la Direction des études et prévisions financières (DEPF) du ministère des Finances et de la Privatisation. En effet, de 1990 à 2004, la valeur des transactions avec l’Afrique subsaharienne ne représente que  2,1 % du montant total des échanges extérieurs du Royaume.   
Identifier le potentiel de coopération économique du Maroc avec les principaux pays du continent et suggérer des axes de coopération sont d’ailleurs les deux objectifs de cette étude. La DEPF s’est penchée précisément sur les relations commerciales du Royaume avec les pays de l’Afrique subsaharienne. En les répartissant sur trois périodes (1990-1993, 1994-1998 et 1999-2004), elle en estime le montant annuel moyen à 360 millions de dollars.
De 260 millions de dollars durant la première phase, ce montant est passé à 408 millions de dollars lors de la deuxième période en raison de la performance des importations de produits énergiques en provenance du Nigeria et du Gabon.
Mais, à partir de 1999, le repli de ces importations s’est répercuté sur le volume des échanges commerciaux dont le montant s’est élevé à 383 millions dollars seulement.
« La structure des échanges reflète celle des avantages comparatifs traditionnels des deux parties. La décomposition des exportations marocaines par produits fait ressortir le poids important des produits agroalimentaires, chimiques, textiles et mécaniques qui ont représenté, en moyenne annuelle entre 1999 et 2003, respectivement 45 %, 18 %, 15 % et 17 % du total des exportations marocaines vers cette région», relève-t-on dans  cette étude.
Durant la même période, les importations marocaines en provenance des pays de l’Afrique subsaharienne ont porté, à raison de 54% et 36 %, sur les produits agricoles, bruts et énergétiques.
«La rigidité de la structure du commerce bilatéral du Maroc avec les partenaires africains est attribuable à plusieurs facteurs qui limitent l’expansion des relations commerciales entre les deux parties. Outre les facteurs tarifaires et non-tarifaires, il s’agit en particulier des entraves liés à la faiblesse des infrastructures de transports », indique la même source.
Si les échanges commerciaux restent timides, ce n’est pas le cas pour la présence de certaines entreprises privées. La liste comprend, entre autres, Maroc Telecom en Mauritanie et l’Office national de l’électricité (ONE) et Royal Air Maroc (RAM) au Sénégal. En citant ces exemples de réussite, la DEPF définit également deux secteurs porteurs ; à savoir le textile et l’agroalimentaire. «C’est donc une stratégie à long terme qu’il convient de concevoir pour anticiper les évolutions positives qui devront prendre place en Afrique», conclut la même source.

Un marché prometteur
L’étude de la Direction des études et prévisions financières a proposé des opportunités d’exportation vers l’Afrique. Ainsi, on note que ce marché est porteur pour les entreprises marocaines qui s’adaptent à la demande d’importation de cette région. En prenant en considération la faiblesse du pouvoir d’achat, la DEPF suggère une stratégie de pénétration basée sur des considérations de coûts. Il s’agit d’un recours à la production de masse de produits de faible ou de moyenne qualité, principalement dans le secteur du textile et de l’agroalimentaire. Face à la présence chinoise dans le marché africain, « les firmes nationales peuvent tirer profit de l’image positive dont dispose le Maroc au niveau de ces pays ».

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