Agriculture, encore des mesures de relance

Le rapport que le ministère de l’Agriculture vient d’établir sur l’état des lieux de la campagne a été encore une fois l’occasion pour étaler une armada de mesures supposées venir en aide au secteur primaire.
Encore faut-il savoir les mettre en application et en tirer les meilleurs résultats. L’enjeu est d’autant plus grand quand il s’agit d’un secteur, faut-il le dire, qui souffre outre d’une pluviométrie médiocre et mal répartie même quand le ciel fait preuve de clémence d’un manque d’orientation et d’efficacité dans le déploiement des moyens existants. « L’une des raisons des difficultés financières des agriculteurs demeure l’anarchie dans le choix des cultures à planter collant parfaitement à la nature et à la climatologie des zones labourées», avait déclaré Tariq Sijilmassi, directeur du pôle risque au Crédit Agricole lors de la présentation de leur plan d’action.
Un aspect pris dans les dernières résolutions commises par le département ministériel, en charge de l’agriculture. Ces dernières s’articulent essentiellement autour de trois axes : assainissement de la situation financière des agriculteurs, sauvetage du cheptel et amélioration de la production céréalière. En matière de sauvegarde du cheptel, la sécheresse étant de mise, des dispositions réglementaires sont proposées pour «assurer l’approvisionnement du marché en divers aliments de bétail à des prix accessibles ». Quatre aspects sont développés. La prorogation du décret d’exonération de l’orge des taxes et droits d’importation jusqu’à mars de l’année prochaine. Sur ce registre, la Tunisie vient de décider pour sa part de mettre en oeuvre des mesures de compensation du prix de l’orge fouragère dans le but de venir en aide à son cheptel. Les autres aspects développés dans le cadre du plan d’action marocain portent sur l’exonération d’autres aliments de bétail, considérés comme un substitut à l’orge et l’application d’un programme de contrôle sanitaire et de vaccinations du troupeau contre les maladies contagieuses ainsi que la conception d’actions ciblées pour l’approvisionnement du cheptel en eau d’abreuvement. Cette dernière opération profitera aux régions dont le déficit hydrique est patent.
Par rapport à la question d’allègement du surendettement des agriculteurs, le constat dressé par le ministère montre que la convention signée avec la CNCA n’a pas pu aboutir aux résultats escomptés. Et pour cause, une faible adhésion des agriculteurs à l’opération. D’autres formules seront donc à concevoir, moins contraignantes et surtout qui tiennent compte de la conjoncture qui prévaut.
Au niveau des semences, le soutien de l’Etat est souhaité. Il devrait incarner la forme d’un fonds de roulement conjugué à une prime de préservation et de gestion du stock de sécurité dit stratégique.
D’autres actions sont à l’ordre du jour. Les premiers concernés, les agriculteurs en l’occurrence semblent ne plus se fier aux promesses. Ce qui les intéresse, c’est que leurs terres renouent avec la performance.

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