Agriculture : Olea Capital : un fonds pour l’oléiculture

Agriculture : Olea Capital : un fonds pour l’oléiculture

C’est à Marrakech que le Crédit Agricole du Maroc et la Société Générale Asset Management ont choisi de lancer un fonds d’investissements dédié à l’oléiculture. Baptisé Olea Capital, ce fonds ambitionne de créer le plus grand projet oléicole du monde.
Il est constitué de  600 millions DHde fonds propres levés auprès d’investisseurs et  de 1,2 milliard DHde dette bancaire. L’objectif de ce fonds est d’arriver à une production annuelle de 30.000 tonnes d’huile d’olive, destinée principalement à l’exportation. Olea Capital créera et exploitera 10 fermes d’une superficie moyenne  de 1.000 ha d’oliviers chacune,  principalement dans les régions suivantes : Haouz, Tensift, Tadla et Meknès. 
«Entièrement intégrées, ces unités seront équipées d’usines de trituration et de capacités de stockage autonomes permettant de garantir notamment la qualité de la production d’huile. Quelques années après avoir atteint leur vitesse de croisière, ces unités seront cédées, en priorité aux investisseurs initiaux, soit en principe au bout de 7 à 8 ans», explique Youssef Mahrouch, directeur général d’Olea Capital, lors de la cérémonie d’annonce, lundi 18 septembre, dans la ville ocre.
Pour sa part, Tariq Sijilmassi, président du directoire du Crédit Agricole du Maroc et initiateur de ce projet, a mis l’accent sur l’importance de la mise en place de ce fonds.
«C’est une importance à trois niveaux. D’abord, le projet concilie 0et réconcilie un montage financier avec une production ancestrale.
Ensuite, ce fonds  apportera une bonne rentabilité aux investisseurs. Dans ce sens, il faut noter que la demande européenne est appelée à accroître dans les années à venir. Le dernier volet concerne la filière elle-même puisque son développement contribuera à l’INDH», annonce M. Sijilmassi. «Olea Capital est notre plan Azur à nous!  A l’instar des autres secteurs, le monde de l’agriculture a besoin de succes stories. Ce fonds permettra ainsi d’injecter de l’argent dans le milieu rural», ajoute-t-il.
Les promoteurs de ce projet veulent également créer un label «huile d’olive du Maroc».  «Ce fonds veut donc structurer, financer et gérer le développement d’une filière agro-industrielle de production d’huile d’olive extra vierge au Maroc. L’idée de ce projet d’une envergure nationale et internationale  fait suite à une demande exprimée par le président du Crédit Agricole du Maroc», tient à noter Abdelaziz Tazi, président du Conseil de surveillance de la Société générale marocaine de banques (SGMB).
«Nous croyons dans la capacité de développement économique du Maroc. Le marché connaît une demande croissante tandis que les capacités de production sont limitées. Et le Maroc a tous les atouts pour devenir un producteur de référence.
C’est pour ces raisons-là que nous avons accepté de rentrer dans cette aventure», indique Philippe Brosse, directeur général de la Société Générale Asset Management Alternative Investments.
Le lancement d’Olea Capital a été aussi l’occasion de définir les faiblesses de cette filière au Maroc.  En plus d’une inadaptation du statut juridique et des structures foncières (exiguïté et morcellement des parcelles ), les experts ajoutent que l’oliveraie nationale est constituée pour 96 % par la variété Picholine marocaine qui est peu productive. La filière est également marquée par des pratiques culturelles et des techniques de récoltes caduques ainsi qu’un processus de production faible qualitativement : «ceci induit une faiblesse structurelle de la productivité de l’oléiculture marocaine, avec des rendements moyens autour de 1,2 tonne d’olives à l’hectare contre 8 tonnes à l’hectare en Espagne».
«Olea Capital est venu au point nommé pour tirer cette filière vers le haut», conclut Mouha Marghi, secrétaire général du ministère de l’Agriculture.

Calendrier d’Olea Capital

Le calendrier prévisionnel de ce fonds d’investissements :
Mai-décembre 2006 : montage du projet agro-industriel, structuration et levée du fonds.
Janvier 2007 : Closing du fonds.
Septembre 2007 : plantation de la
première ferme.
Octobre 2010 : première récolte sur l’unité plantée en 2007.
 Mars 2012 : plantation de la 10ème
et dernière ferme.
Octobre 2012 : rendement à maturité
de l’unité plantée en 2007.
Janvier 2014-décembre 2019 : cession des unités sur la base de leur rendement à maturité.
Décembre 2019 : échéance du fonds. 

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