Agriculture : PAC 2013 : Au pas, au trot ou au galop

Les évolutions de la Politique agricole commune européenne (PAC) et de l’agriculture française dépendront notamment du rythme de la croissance mondiale, selon une étude publiée mardi dernier qui dresse trois scénarios dans la perspective de 2013, «au pas, au trot ou au galop».
Cette publication intervient alors que le président Nicolas Sarkozy a promis le 11 septembre de préparer «un nouveau cadre politique» pour l’agriculture européenne pendant la présidence française de l’UE en 2008.
Selon cette «prospective» réalisée par l’INRA (Institut national de la recherche agronomique), le Crédit Agricole et Groupama, «l’agriculture française et européenne de l’après 2013 (fin programmée de l’actuel financement de la PAC, ndlr) dépend de nombreux facteurs aux influences potentiellement contradictoires: croissance économique, développement des biocarburants, évolution de la PAC, issue des négociations du cycle de Doha», a déclaré Marion Guillou, présidente de l’INRA, lors d’une conférence de presse. Pour Jean-Luc Baucherel, président de Groupama, «la France devra faire des propositions pour l’échéance de 2013, et dès l’an prochain avec le “bilan de santé“. Elles devront être suffisamment solides, cohérentes et partagées pour faire autorité à Bruxelles et pour construire les indispensables alliances au sein de l’UE». Le premier scénario envisagé – «au pas» – correspond, à cause d’un environnement géopolitique fortement perturbé, à une croissance économique «fortement ralentie», y compris dans les pays émergents. Dans un tel cas, «l’avenir des secteurs céréaliers et oléagineux dans l’UE dépend très fortement de la politique communautaire en matière de promotion des usages de biocarburants». Celui des productions animales «est très dépendant des politiques aux frontières européennes (…) mais aussi, notamment dans le cas du beurre, en matière de subventions aux exportations».
Le «trot» – avec une croissance plus faible dans l’UE que dans les autres zones du monde et une réforme en profondeur de la PAC – aurait, dans le cadre d’un accord à l’OMC, des effets «très négatifs sur les productions et les prix communautaires des diverses viandes, plus particulièrement des viandes rouges». Dans le cas du scénario le plus optimiste – «au galop» – avec une libéralisation des politiques agricoles dans l’UE combiné avec un régime de croissance économique mondiale forte et de développement des biocarburants, les résultats seraient très inégaux selon les secteurs.
Alors qu’il serait très positif pour les céréales et les oléagineux, positif pour le lait et la viande bovine, il ne serait que faiblement positif pour les viandes blanches, les ovines et les caprins.
Mais, quel que soit le scénario qui se réalisera, le principal secteur qui devrait être pénalisé par une réforme en profondeur de la PAC et un accord à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) est celui de l’élevage herbivore (bovins aussi bien pour le lait que pour la viande, ovins et caprins).
En conclusion, les auteurs recommandent la plus grande prudence dans la «réforme» de la PAC. «La mise en oeuvre doit être progressive, l’essentiel étant de définir dès maintenant les nouvelles règles du jeu (objectifs et instruments) de façon à offrir aux agriculteurs en place, et plus encore aux entrants potentiels dans l’UE le cadre réglementaire et incitatif de demain et d’après-demain».

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *